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Jérôme Durain veut une région « fière de ses talents »

Jérôme Durain veut une région « fière de ses talents »

Un article rédigé par Christophe LAPOSTOLLE - RCF en Bourgogne, le 21 mai 2026 - Modifié le 21 mai 2026
Magazine spécialJérôme DURAIN, invité de la Fédération des Radios Associatives de BFC

Huit mois après son arrivée à la tête de la Bourgogne-Franche-Comté, Jérôme Durain défend une région qui investit malgré les contraintes financières. 

Mobilités, santé, lycées ou alimentation : le président socialiste assume une ligne volontariste, avec un soutien affirmé à la filière nucléaire et aux services publics de proximité.

®Jérome DURAIN - Photo Guillaume ROCHON®Jérome DURAIN - Photo Guillaume ROCHON

Fusion régionale : une collectivité qui veut peser davantage

Huit ans après la fusion entre Bourgogne et Franche-Comté, le débat identitaire continue d’exister. Jérôme Durain ne cherche pas à l’effacer. « Les Bressans restent Bressans », sourit-il. Pour le président de Région, l’essentiel est ailleurs : donner davantage de poids au territoire et renforcer l’action publique.

Le socialiste reconnaît que la fusion n’a pas généré les économies promises à l’époque. Mais il minimise les surcoûts de fonctionnement et estime que la nouvelle échelle permet surtout de mieux structurer les politiques économiques et industrielles.

Il met notamment en avant les complémentarités entre Belfort, Le Creusot ou Chalon-sur-Saône autour de la filière nucléaire. Une industrie stratégique selon lui, au moment où la France accélère l’électrification des transports et des usages énergétiques. La Bourgogne-Franche-Comté produit déjà des composants majeurs pour cette filière et plusieurs milliers d’emplois sont attendus dans les prochaines années.

TER, petites lignes et cars régionaux : la mobilité sous tension

Le ferroviaire reste le premier poste budgétaire de la Région. Jérôme Durain défend le maintien des petites lignes, symbole selon lui de liberté et d’aménagement du territoire. Mais il reconnaît aussi les limites économiques du modèle actuel.

« Le ferroviaire, c’est la mère des batailles », résume-t-il.

Face aux coûts d’entretien du réseau et au manque de soutien financier de l’État, la Région mise aussi sur les cars régionaux. Plus de la moitié roulent désormais avec des motorisations décarbonées et plusieurs lignes restent accessibles à 2 euros.

Pour le président régional, ces solutions plus souples devront compléter un réseau ferroviaire devenu très coûteux à maintenir sur certains territoires ruraux.

 

 

 

Santé : la colère monte dans les territoires

Sur les déserts médicaux, Jérôme Durain ne cache pas son inquiétude. Comme beaucoup d’habitants, il dit avoir lui-même mesuré les tensions dans les services de santé ces derniers mois.

Maisons de santé, télémédecine, aides aux étudiants en médecine ou future mutuelle régionale : la collectivité multiplie les dispositifs pour tenter de limiter les fractures territoriales.

Le président régional admet toutefois que les solutions restent insuffisantes face à la pénurie de médecins. Il plaide pour des réponses construites au plus près des territoires, alors que les difficultés touchent désormais aussi les villes moyennes.

Sécurité sociale alimentaire : une expérimentation régionale

Autre chantier porté par Jérôme Durain : la sécurité sociale alimentaire. Une expérimentation qui vise à aider les familles modestes à accéder à des produits locaux et de qualité.

Le président régional y voit un enjeu social, agricole et sanitaire à la fois. La Région souhaite s’appuyer sur les producteurs locaux et les circuits courts, dans une grande région agricole où la question du pouvoir d’achat reste centrale.

Lycée des Haberges à Vesoul : une rentrée 2026 compromise

C’est l’un des dossiers les plus sensibles du moment pour la Région. Fermé en urgence après la découverte de risques structurels, le lycée des Haberges à Vesoul a bouleversé près de 950 élèves et leurs enseignants.

Jérôme Durain évoque « un traumatisme » pour toute la communauté éducative. Les élèves ont dû être répartis sur plusieurs sites à quelques semaines des examens.

Le président de Région prévient surtout qu’un retour dans un établissement unique ne pourra vraisemblablement pas avoir lieu dès septembre 2026. Les expertises techniques et administratives doivent encore se poursuivre avant toute décision durable.

« Je ne veux pas qu’on reconstruise dans l’urgence et qu’on refasse les mêmes erreurs »

 

(article issu de l'émission du 20 mai proposée par la Fédération des Radios Associatives de Bourgogne Franche-Comté)

 

 

 

© RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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