"J'entretiens le feu de la conversion"
Nous sommes en 1992. Jeune actif dans la vallée de l'Arve, Louis Pernat entre dans une abbaye de Corrèze avec son épouse au cours d'un pont du mois de mai. Une expérience mystique qui changera sa vie, son rapport au travail et à l'amour ! Désormais grand-père et dirigeant de l'une des plus grosses entreprises de décolletage de Haute-Savoie, il témoigne au micro de Vanessa Sansone de son parcours et de son Chemin de foi.
Louis Pernat, au micro ©RCF En rentrant dans cette abbatiale, je sens de façon physique, dans mes tripes, quelque chose d'inexplicable.
En 1992, Louis Pernat est investi dans l'entreprise familiale, en vallée de l'Arve, époux et jeune papa. Un jour du mois de mai, le couple entre dans une abbaye cistercienne en Corrèze : " En rentrant dans cette abbatiale, je sens de façon physique, dans mes tripes, quelque chose d'inexplicable. Je me sens rempli de l'amour du Christ, je fonds en larme. Un peu comme Saint-Paul sur le chemin de Damas. Je suis bouleversé. J'en parle avec mon épouse, on en discute toute la nuit. Cela génère plein de questions sur le sens de ma vie. Je remet tout en perspective. J'ai aussi cette conviction qu'un torrent d'amour nous attend après la mort ".
Mon épouse a sans doute eu peur que je me fasse moine !
" Immédiatement, je suis devenu vraiment catholique : l'Eglise et les sacrements étaient devenus une évidence. Je suis devenu croyant et pratiquant du jour au lendemain. Les mois qui ont suivi, j'étais très chiant ! Je parlais de cette expérience et les gens ne comprenaient pas. Mon épouse a sans doute eu peur que je me fasse moine ! J'avais envie de changer de vie, mais je me suis dit qu'il ne fallait pas tout envoyer balader sur un coup de tête, qu'il fallait comprendre où le Seigneur m'appelait ".
Ajuster mon parcours personnel et professionnel à ma vie de foi
Louis Pernat n'envoie effectivement pas tout balader. " François de Sales nous disait de fleurir là où nous sommes plantés. J'ai fini par discerner que ma vocation, c'était cela : être entrepreneur, époux, père. Et finalement, ma mission, c'est d'ajuster mon parcours personnel et professionnel à ma vie de foi. ". Une conversion qui change donc les perspectives de Louis Pernat, ainsi que son quotidien : " Je n'ai pas honte de dire que je suis chrétien. Mais se faire connaître ainsi, ça engage ! J'ai aussi pris des engagements successifs en Eglise. Je crois que ce que je préfère, c'est être au contact des personnes qui ne sont pas particulièrement proches de l'Institution. J'aime partager ma foi, mais j'aime aussi et surtout être challengé ".
On peut facilement tiédir : il faut garder une discipline spirituelle
" J'ai appris que la clé du bonheur, c'est continuer à désirer ce que l'on possède déjà. Et j'ai découvert qu'entretenir le feu de la conversion, c'est un travail de tous les jours ! Même après avoir vécu une expérience comme la mienne, on peut facilement tiédir. Il faut s'astreindre à garder une discipline : la prière, la messe, la lecture de la Bible, le service du frère... ".


L'émission qui écoute les chrétiens de la région. Qu'ils vivent leur foi dans des circonstances très particulières ou en toute simplicité, qu'ils aient connu ou non d'extraordinaires expériences, ces hommes et ces femmes se confient au micro des journalistes des radios RCF d'Auvergne-Rhône-Alpes. Dans Chemin de Foi, ils racontent leur itinéraire spirituel, toujours unique : qu'est-ce que le Christ a fait dans leur vie ?
