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Jean-Yves Camus: "Le sens civique finit toujours par prendre le dessus"
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Jean-Yves Camus: "Le sens civique finit toujours par prendre le dessus"

Un article rédigé par Simon Marty - RCF,  -  Modifié le 5 février 2021
L'Invité de la Matinale Jean-Yves Camus: "Le sens civique finit toujours par prendre le dessus"
Selon le politologue, si la démocratie fait face à certaines atteintes et le pouvoir à une importante méfiance, les institutions françaises restent solides.
DR DR

La pandémie de Covid-19 écorne l’action de l'exécutif, accentuant les théories complotistes et le repli sur soi. Mais pour autant, la démocratie est-elle en danger ? Il y a certaines atteintes selon Jean-Yves Camus. Il est politologue, spécialiste de l’extrême-droite et directeur de l'Observatoire des radicalités politiques, de la Fondation Jean-Jaurès. 

"Les institutions sont solides"

Face à l’exaspération suscitée par les mesures sanitaires et la méfiance envers l’exécutif, le régime de la Vè République est-il en danger ? "Je pense que les institutions sont solides" et que les soubresauts de la politique sanitaire ne sont pas à même de susciter un renversement, estime Jean-Yves Camus. "Il y a une sorte de fatigue qui se manifeste et qui résulte du fait que nous sommes dans une situation longue. Les mesures ne sont pas comprises. Il y a un certain nombre de citoyens qui en ont assez mais le sens civique finit toujours par prendre le dessus. On est le pays qui est le plus résilient face à l'épidémie", ajoute le politologue.

Une méfiance envers le pouvoir

Toutefois, il y a bel et bien une crise de la démocratie selon le politologue. "Telle que nous la connaissons, la démocratie représentative suppose une intermédiation. Il y a toujours un moment où une partie du peuple pense qu’il est mal représenté", affirme Jean-Yves Camus. Ce qui crée cette sensation, c’est l’absence de proportionnelle. "On a un vote Rassemblement national qui n’est pas représenté à l’Assemblée nationale par rapport à ce qu’il représente réellement. Cela alimente le sentiment que peut-être il y a une manœuvre pour que ce que veut cet électorat ne soit jamais réalisé", ajoute le politologue.

Cette méfiance est également fortement alimentée par la multiplication de l’information. "Les citoyens y voient moins clair que lorsqu’ils avaient deux sources d’information. Il y a un surcroît d’information avec un tri qui est difficile à faire", estime-t-il. 

Vers la dissolution de Génération identitaire ?

La semaine dernière, une enquête préliminaire a été ouverte à l’encontre du groupe d’extrême-droite Génération identitaire pour "provocation publique à la haine raciale". En cause : une opération anti-immigration menée par le groupe dans les Pyrénées. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a demandé d’avoir des éléments sur cette action pour envisager une potentielle dissolution de Génération identitaire, ce qui serait une erreur selon Jean-Yves Camus. "Du point de vue des libertés publiques, la dissolution est une mesure ultime. Quand Génération identitaire avait fait son opération dans les Alpes, il y a eu procès et donc pas dissolution. Pour les Pyrénées, faisons confiance à la justice et n’allons pas jusqu’à la dissolution", conclut-il.

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