"Je n’attends rien de ce gouvernement", déclare le député Sébastien Chenu
Suite au décès de Lyhanna, Sébastien Lecornu réunit quelques-uns de ses ministres pour évoquer des mesures sur la protection de l’enfance. Sébastien Chenu est député du Rassemblement National (Nord), vice-président de l'Assemblée Nationale et vice-président de son parti. Il déplore "l’affaissement du système judiciaire français".
Sébastien Chenu, député RN du Nord ® Mélanie NiemiecLa pression monte pour le Gouvernement. Des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés devant les palais de justice, signe de l'émotion suscitée par le décès de Lyhanna. Gérald Darmanin, ministre de la Justice, et Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, sont en ce moment entendus par la commission des lois du Sénat. Ils se rendront ensuite à Matignon, où ils sont convoqués avec Edouard Geffray (Éducation nationale), Stéphanie Rist (Santé) et Aurore Bergé (Egalité).
Que ferait le Rassemblement National ?
Sébastien Chenu tient Emmanuel Macron pour responsable de "l’écroulement" de l'institution judiciaire, allant jusqu’à le qualifier de "déconstructeur". Il estime que la succession de gardes des sceaux aux "orientations divergentes", comme Éric Dupond-Moretti et Gérald Darmanin, y a contribué aussi. Autrement dit, selon lui, la crise ne tient pas seulement à un manque de moyens, mais aussi à une instabilité politique et à des choix ministériels qui affaiblissent durablement la justice française.
Nous ne comptons pas gérer le pays dans le même périmètre que celui que nous connaissons aujourd'hui.
Le député affirme que, s’il était au pouvoir, le Rassemblement National (RN) ferait face à un cas comme l’affaire Lyhanna en "augmentant les moyens de la justice". Puisque le RN ne compte pas "gérer le pays à périmètre constant", Sébastien Chenu est persuadé que son parti trouvera l’argent nécessaire. "Les agences d'États et l’immigration coûtent très cher", énumère-t-il, avant d’ajouter qu’il n’est pas question de "mener la même politique qu’Emmanuel Macron". Le vice-président du Rassemblement National affirme aussi que "ce n’est pas uniquement une question de moyens". La réponse passe aussi par une "réorientation générale des priorités de l’État".
Trois priorités pour l’institution judiciaire
Ces priorités sont, pour Sébastien Chenu, au nombre de trois : la protection de l’enfance, le narcotrafic et les violences conjugales. Il insiste, l’augmentation du budget "ne peut pas suffir". Il émet une mise en garde, celle de se souvenir que "lorsque tout est prioritaire, il n’y a plus de priorités". Dans le cas de l’affaire Lyhanna, le député est catégorique. Les crimes commis contre les mineurs doivent être traités selon "leurs qualifications réelles", c’est-à-dire renvoyés "aux assises et non pas au niveau correctionnel". Il dénonce ainsi la "correctionnalisation" de certains viols sur mineurs.
Si la société se met en route et l'institution se met en route sur ses priorités, nous pourrons obtenir des résultats.
Pour être efficace, "une certaine volonté politique" et "l’audace de mener des réformes" sont indispensables.


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