"Je fais des demi-pleins d'essence" : face à la hausse des prix du carburant, les camping-caristes obligés de s'adapter
Si le prix du baril de pétrole est récemment repassé sous la barre des 100 dollars, la crise du carburant s'étire et à la pompe, les tarifs restent élevés. En cette période de vacances scolaires, la Bretagne est sillonnée par de nombreux camping-caristes venus passer quelques jours. Sur l'aire de camping-car de Vannes, plusieurs d'entre eux ont ainsi été contraints d'ajuster leur feuille de route pour faire face à la situation.
Originaires de Moselle, Estelle et son mari font le tour de Bretagne en camping-car. © Alix BertelootLe prix du carburant pèse lourd sur le porte-monnaie. Vacances scolaires obligent, les routes bretonnes sont particulièrement fréquentées. Mais face à la hausse des prix à la pompe, les touristes revoient leurs plans : séjours écourtés, itinéraires modifiés… Sur l'aire de camping-car de Vannes, à deux pas de la presqu'Ile de Conleau, les camping-caristes sont nombreux à avoir dû ajuster leur plan de voyage.
À l’heure du déjeuner, un couple de Finistériens confie avoir totalement repensé son programme pour les vacances de printemps. "Normalement, on devait partir sur La Rochelle mais vu le prix du gasoil, on s'est dit qu'on allait rester sur Vannes et l'on a aucun regret", expliquent-ils.
150 euros un plein d'essence
La hausse des coûts modifie aussi les habitudes de Thierry, venu de Mayenne. Désormais, il évite les pleins complets. "Ça commence à faire beaucoup alors je fais des demi-pleins d'essence car ça paraît moins", estime le retraité.
À quelques mètres de là, David, originaire de Béthune, dans le Pas-de-Calais, a parcouru plus de 600 kilomètres pour rendre visite à sa fille, étudiante à Vannes. Un déplacement coûteux mais essentiel. "Pour venir, j'en ai eu pour 150 euros de carburant, déclare le père de famille, mais j'évite d'y penser même si cela a un impact très significatif sur le budget vacances, notamment sur les restaurants et les loisirs."

Même constat pour Marc, descendu de Newcastle au Royaume-Uni avec sa compagne pour un roadtrip de trois mois en France. "Si l'on doit choisir entre le diesel et la nourriture, on choisit le diesel", plaisante-t-il. Avant d’ajouter, plus sérieusement : "En réalité, la situation nous amène à réfléchir davantage à où l’on va aller, peut être à rester un peu plus longtemps à un seul endroit et à faire de plus courts trajets pour ne pas consommer trop de carburant sur de longues distances."
Un décret pour plafonner les marges des distributeurs ?
Tous ne se disent pas affectés de la même manière. Estelle, originaire de Moselle, relativise et ne se sent pas impactée : "Mon mari gère très bien la consommation, il est chauffeur poids lourds. Et puis j'avais promis à mes petits-enfants de les ramener en Bretagne donc on ne va pas se priver de vacances", affirme-t-elle.
Face à cette situation, le gouvernement a appelé ce week-end les distributeurs à baisser leurs prix, évoquant également la possibilité d’un décret pour plafonner les marges.


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