Iran : Les "églises de maison" prises pour cible
Depuis plusieurs années, les restrictions pesant sur les chrétiens convertis d’Iran, se multiplient. En 2025, au moins 143 étaient arrêtés, selon l'ONG britannique Article 18. Le conflit déclenché après les frappes israélo-américaines contre la République islamique d’Iran le 28 février 2026, pourrait aggraver la situation.
DR ONG Portes Ouvertes. Une femme chrétienne iranienne de dos.En Iran, une forme de liberté de culte est accordée aux communautés chrétiennes les plus anciennes. Ainsi, les croyants de descendance arménienne ou assyro-chaldéenne sont reconnus par la constitution. Ce n’est pas le cas des chrétiens convertis, obligés de se cacher. Farid*, iranien issu d’une famille musulmane et aujourd'hui réfugié en Europe, raconte les difficultés auxquelles il a fait face pour vivre sa foi. "Un an après que je sois devenu chrétien, les autorités iraniennes ont fermé énormément d'églises, explique celui qui est désormais pasteur. Donc, j'ai été contraint de fréquenter des églises dites de maison. C'était assez compliqué parce qu'à chaque fois, il fallait trouver des lieux pour se rassembler et réussir à être assez discrets pour que même les voisins ne puissent deviner que nous étions chrétiens."
Des persécutions précédentes au conflit
L'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême tué par les frappes israélo-américaines en février dernier, estimait que ces églises constituaient une menace pour le pays. Depuis 2020, la loi s'était durcie, suivant sa vision. Les articles 499 et 500 du Code pénal islamique prévoient ainsi une peine de 2 à 5 ans d’emprisonnement, avec amende voire flagellation, pour "toute activité éducative ou prosélytique déviante" qui "contredit ou interfère avec la loi sacrée de l’islam". "Avant le conflit, au moins 48 chrétiens étaient emprisonnés en Iran à cause de leurs croyances", dénombre Article 18.
Parmi eux figure Simin Soheilinia. Agée de 48 ans, cette iranienne a initialement été condamné à dix ans d’emprisonnement pour avoir tenue une église de maison. Sa peine avait récemment été réduite pour être troquée par une condamnation via bracelet électronique. Mais depuis le début du conflit, sa famille n’a plus de nouvelles informe l’ONG britannique. La crainte d'être enfermé fait partie des motivations ayant conduit Farid à quitter son pays.
Si vous êtes chrétien en Iran, vous ne pouvez pas croire que vous allez être une exception. Vous devez vous dire que, tôt ou tard, vous allez être découvert
Difficile de savoir exactement combien d'iraniens chrétiens sont menacés. Depuis le 28 février, le régime a coupé internet, rendant impossible toute communication. L'ONG Portes Ouvertes, chargée de recenser les persécutions faites aux chrétiens à travers le monde, estime à 800 000 personnes la population chrétienne d'Iran.
*Farid est un prénom d'emprunt


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