Iran : la plus vieille église protestante risque la destruction
Alors que l’Iran et les États-Unis s’enfoncent dans le conflit, les restrictions visant les communautés chrétiennes semblent se durcir. Les autorités iraniennes s’apprêtent à détruire l’église évangélique Saint-Pierre de Téhéran, vieille de 150 ans.
Église Saint-Pierre de Téhéran ©Portes OuvertesLa décision de saisie de l’église évangélique Saint-Pierre de Téhéran est tombée le 16 juin 2026. Elle s’inscrit dans la liste des pressions exercées sur l'Église protestante d’Iran depuis la révolution islamique de 1979.
Un monument historique visé par les autorités
L’église évangélique Saint-Pierre est fondée en 1876. Elle est à la fois un patrimoine historique, le siège du synode évangélique d’Iran et un lieu particulièrement fréquenté par des minorités arméniennes et assyriennes. Ces communautés chrétiennes sont reconnues par les autorités iraniennes, contrairement aux « convertis d'arrière-plan » musulmans et perses, expression employée par le directeur du plaidoyer de Portes Ouvertes, Guillaume Guennec. « Cette église est désormais dans le collimateur des autorités, ce qui est quelque chose d’assez nouveau et alarmant », raconte-t-il.
Une affaire qui dure depuis presque trente ans
Ce projet de confiscation ne date pas d’hier. En effet, il s’appuie sur un jugement aux conséquences irréversibles, rendu par un tribunal révolutionnaire en 1998. La justice décrète que le complexe de l’église évangélique doit être remis au Siège de l’application de l’ordre de l’imam Khomeini (SAOIK). La décision de justice n’est rendue publique que dix ans plus tard, en 2008. L’affaire est alors déjà classée, bloquant toute possibilité de recours. Mais dans les faits, rien n’est engagé. C’est en 2012 que l’église subit une nouvelle pression avec l’interdiction des cultes en persan.
« Il faut craindre qu’elle soit détruite ou démolie »
Une vingtaine de familles réside dans le complexe de l’église Saint-Pierre. Elles sont forcées de quitter les lieux le 16 juin 2026 et des scellés sont posés de force sur les portes du bâtiment. Cette affaire pose la question de la liberté religieuse dans la République islamique d’Iran. Si le régime reste en place, Guillaume Guennec craint que ce sujet soit écarté. « Si c’est le cas et que les minorités religieuses et ethniques sont complètement oubliées, elles [les communautés chrétiennes] risquent d’être encore plus sévèrement réprimées à l’avenir », prévient le directeur de l’ONG.
L’ONU s'inquiète également de la confiscation des lieux de culte chrétiens iraniens. Selon elle, l’affaire de l’église évangélique Saint-Pierre de Téhéran n’est pas un événement isolé, mais l’aboutissement d’une longue série de mesures visant la communauté chrétienne d’Iran.


Toute l'année, la rédaction nationale de RCF vous tient informés de l'actualité de l'Église et des mouvements chrétiens.
