Interdiction du téléphone au lycée : "C'est un peu mon refuge"
Les lycéens vont-ils devoir se séparer de leur téléphone portable ? C’est ce que propose la région Aura aux établissements volontaires. L'expérimentation d'une interdiction du téléphone débutera au deuxième trimestre de cette année. Une façon d’aller plus loin que la proposition de loi adoptée par l'Assemblée nationale le 26 janvier dernier, pour limiter l'exposition des jeunes aux écrans et aux réseaux sociaux.
Les lycées volontaires pourront expérimenter cette interdiction dès avril 2026, avec l'accompagnement de la Région. ©Adobe StockLes jeunes pensaient pouvoir souffler depuis que l'interdiction du portable au lycée, annoncée par le chef de l'État en décembre dernier, a été balayée par l'Assemblée nationale. En effet, le projet de loi visant à protéger les jeunes de l'exposition excessive et précoce aux écrans et des méfaits des réseaux sociaux, a été amendé sur ce point par les députés. Le texte, adopté le 26 janvier dernier, demande aux lycées de préciser dans leur règlement intérieur, les zones où le téléphone sera autorisé, et dans quelles conditions.
Une expérimentation sur la base du volontariat
Critique à l'égard de ce "recul" de la majorité présidentielle, Fabrice Pannekoucke dit vouloir aller plus loin. La région Auvergne Rhône Alpes propose donc aux lycées qui le souhaitent, d'expérimenter l'interdiction totale des téléphones portables, à partir du second trimestre 2026. "La Région accompagnera les lycées qui se porteront volontaires. Cela signifie fournir des meubles permettant de stocker les téléphones aux entrées des établissements ou des pochettes pouvant isoler ces appareils, peut-être aussi des brouilleurs. Je souhaite que l'on puisse trouver des solutions ensemble avec les chefs d'établissements et les conseils d'administration", explique le président d'Auvergne Rhône Alpes.
Une communauté éducative frileuse
Dans le cadre des débats qui avaient accompagné cette loi sur les réseaux sociaux, la communauté enseignante s'était montrée prudente à l'égard d'une telle interdiction. Selon le syndicat Unsa, des enseignants du privé, le texte de 2018 est déjà largement suffisant pour faire appliquer en lycée un usage raisonné et préventif du portable. Et de pointer du doigt la difficile mise en place d'une interdiction face à l'augmentation des usages numériques dans l'enseignement. "C'est pratique pour trouver les salles de cours où consulter les devoirs qu'on a à faire", confirme Léo, élève de seconde au lycée Monge de Chambéry.
Prévention mère de santé
Reste que les effets néfastes d'une utilisation excessive des smartphones sur la santé ne sont plus à prouver. "Il faut faire attention de ne pas essentialiser le téléphone et de bien préciser ce qui se cache derrière. Une addiction aux réseaux sociaux, aux jeux, ou autre", met en garde Virginie Bérard, directrice des établissements Addictions France en Savoie et Isère. "Nous recevons beaucoup de parents ou de jeunes soucieux de leur éventuelle, c'est pourquoi je salue que cette problématique soit prise en compte par les pouvoirs publics. Néanmoins, l’interdiction fait porter la responsabilité aux jeunes et aux parents, alors qu’elle devrait poser sur les plateformes elles-mêmes et les véritables responsables de ce phénomène de dépendance au téléphone", développe-t-elle.
Mon téléphone est un peu mon refuge
C'est pourquoi le réseau Addictions France développe la prévention sur ce sujet pour faire comprendre aux jeunes les mécanismes qui sont exploités pour les inciter à rester toujours plus longtemps connectés à leurs téléphones, plutôt qu'à leurs copains de classe. "Mon téléphone est un peu mon refuge. Je suis en seconde et je n'ai pas encore eu le temps de me faire de nouveaux amis, alors ça me permet de rester en contact avec mes copines du collège", confirme Coline, 16 ans.


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