Incendies : comment éteindre un mégafeu ?
Une semaine après le début de l’incendie en Gironde, la baisse des températures attendue en fin de semaine laisse espérer une fixation du feu. Jean-Louis Rossi, spécialiste de la modélisation des incendies à l’université de Corse, revient sur les conditions d’extinction d’un mégafeu.
© Oscar Sánchez / PexelsDes maisons calcinées, des forêts ravagées, des flammes imprévisibles, la France est frappée de plein fouet par les incendies. Leur ampleur est telle que certains, comme en Gironde ou dans le Var, sont qualifiés de mégafeu. En bref, il s’agit d’un feu de très grande ampleur avec de lourdes conséquences sur l’environnement et les populations. Jean-Louis Rossi, spécialiste de la modélisation des incendies explique qu’il y a trois facteurs qui favorisent le développement d’un mégafeu : la topographie, les conditions météorologiques (notamment le vent) et la présence de combustible. Si dans le Var le feu est désormais fixé, en Gironde, l’accalmie se fait attendre. Après une journée caniculaire mercredi 29 juillet, la baisse des températures en fin de semaine pourrait amorcer une fixation de ce mégafeu.
« Il faut un changement météorologique »
Dans la lutte contre les incendies « un changement météorologique est souvent déterminant », explique Jean-Louis Rossi au micro de Matthias Troude. Trois facteurs sont particulièrement favorables : une pluie significative avec une augmentation de l’humidité de l’air, une baisse des températures et une diminution du vent. Mais pour éteindre un mégafeu, il n’y a pas de solution miracle. L’extinction se fait souvent grâce à la combinaison de plusieurs éléments, dont les « coupures de combustibles ». Il s’agit de « zones démaquisées pour essayer de faire en sorte que quand le feu arrive dessus, il baisse en intensité », précise Jean-Louis Rossi.
Comment éviter les incendies ?
Même lorsqu’un incendie s’éteint, ses conséquences sur la santé et sur la biodiversité perdurent. C’est pourquoi il est important d’agir en amont. Le spécialiste de la modélisation des incendies à l‘université de Corse rappelle que « 9 feux sur 10 sont dus à un facteur humain ». Il préconise de ne pas démaquiser avec des engins thermiques et aussi de « faire respecter ces fameuses obligations légales de débroussaillement qui ne sont respectées qu’à 30 % ». Jean-Louis Rossi souligne que l’année dernière en Provence, huit maisons brûlées sur dix n’avaient pas été débroussaillées.


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