Incendie de Crans-Montana, fin de vie, municipales : quels enjeux spirituels pour 2026 ?
Pour bien commencer l’année, faisons un tour d’horizon des événements qui vont jalonner 2026 et de leurs répercussions spirituelles. Le père Laurent Stalla-Bourdillon, enseignant au Collège des Bernardins et directeur du service diocésain pour les professionnels de l’information, était l’invité de cette réflexion. Au programme : retour sur l’incendie de Crans-Montana, la loi sur la fin de vie et les élections municipales.
Père Laurent Stalla-Bourdillon © Mélanie NiemecIl est l’auteur de l'ouvrage « L'euthanasie, une religion d'État qui ne dit pas son nom ».
Un incendie tragique en ce début de nouvelle année
La nuit de la Saint-Sylvestre a été marquée par un terrible incendie à Crans-Montana. Sur les 40 morts, neuf sont français. Face au déferlement d’horreur et d’incompréhension, le père Laurent Stalla-Bourdillon invite à essayer d’accueillir la réalité en « pleuront avec ceux qui pleurent, en se faisant proche des familles des victimes ». Le pape a prié pour les victimes ; l’Église sur place a célébré une messe à Crans-Montana, ainsi que dans le diocèse de Versailles, un certain nombre de victimes y étant scolarisées.
Les chrétiens ne sont pas indemnes des épreuves. Mais ils ont la capacité, dans la foi, de tenir dans l'espérance et de savoir que la vie ne s'arrête pas avec la mort.
L'Église porte une espérance envers et contre tout, rappelle l’enseignant au Collège des Bernardins. « Les chrétiens ne sont pas indemnes des épreuves. Mais ils ont la capacité, dans la foi, de tenir dans l'espérance et de savoir que la vie ne s'arrête pas avec la mort. » Il rappelle que les chrétiens sont destinés à plus que cette vie terrestre et temporelle. Une célébration réalise une unité : c’est dans la communion des personnes qui sont dans le deuil que se partage une force de la foi et de l'espérance.
Loi fin de vie
La question de la fin de vie revient dans le débat public et la proposition de loi relative à l'aide à mourir sera examinée au Sénat le 20 janvier. Le père Stalla-Bourdillon condamne les tractations politiques dont fait l’objet cette loi à ses yeux. « Je pense que ce n'est pas à la hauteur des enjeux réels qui sont derrière et que cette question est d'une gravité extrême. » L’enseignant souligne que cette loi donne une main sur la mort à l’État.
L'euthanasie est une religion d'État qui ne dit pas son nom. « Tout projet politique repose sur des présupposés anthropologiques. Cette loi suppose, encore une fois, que la mort n'emporte pas de conséquences et que la mort sera de toute façon la fin, la fin définitive. Or, pour pouvoir dire que c'est la fin définitive de tout, il faut avoir une certaine représentation anthropologique. Et donc, il n'y a a priori rien qui subsiste de la personne dans la mort. Or, le fait d'inscrire cela dans la loi pose une certaine représentation qui, évidemment, s'oppose complètement, frontalement, à la conception anthropologique classique, qui est qu'il y a en nous bien plus que la vie du corps : il y a en nous de la vie de l'esprit. »
Le fait d'inscrire cela dans la loi pose une certaine représentation qui, évidemment, s'oppose complètement, frontalement, à la conception anthropologique classique
Le père Stalla-Bourdillon nous invite à réapprendre à découvrir l’existence, même à travers ses épreuves. C’est un don qui nous est fait, et à apprendre à quitter ce monde d’une autre manière que celle dans laquelle notre époque veut nous faire quitter ce monde, de façon isolée, individuelle et à notre main.
Une année d’élections municipales
L'année 2026 va être marquée par les élections municipales. Le père Laurent Stalla-Bourdillon a publié une tribune dans La Croix dans laquelle il explique combien la démocratie est en péril, aussi parce que nous sommes faibles intérieurement. « La question qu'il faut se poser, c'est : qu'est-ce que c'est qu'un citoyen ? C'est quelqu'un qui a une haute idée de ce qu'est une appartenance à un corps, qui est un corps social. Cette identité, c'est sa citoyenneté. »
Je vote pour édifier une société et donc le vote emporte le présupposé d'une capacité, en conscience, de viser le bien commun, pas le bien individuel.
Nous ne sommes pas d'abord citoyens seuls : on est d'abord citoyen parce qu'il y a les autres, résume l’enseignant. « Il y a une sorte de responsabilité dans la vision du pays comme d'une famille. Ce que j'ai dit dans cette tribune, c'est que nous avons en fait individualisé, personnalisé le droit de vote et donc le système démocratique comme le droit de voter pour moi. » A contrario, le père Stalla-Bourdillon prône un retour au vote, non pas pour soi, mais bien pour le bien commun de sa commune. « Je vote pour édifier une société et donc le vote emporte le présupposé d'une capacité, en conscience, de viser le bien commun, pas le bien individuel. »


Chaque matin, Louis Daufresne reçoit une personnalité au cœur de l’actualité nationale ou internationale. Décryptage singulier de notre monde et de ses enjeux, mais aussi découverte d’un parcours, d’un engagement. Au cœur de la grande session d’information du matin, une rencontre quotidienne pour prendre de la hauteur avec bienveillance et pour donner du sens à l’information.




