Incendie dans le Diois : quel impact sur les populations et les écosystèmes ?
Depuis le 24 juin, le massif de Justin, au-dessus de Die dans la Drôme, est en feu. 4 300 hectares de végétation ont été parcourus par les flammes, des centaines pompiers sont mobilisés et les rafales de vent ne font qu’empirer la situation. Un incendie qui, au-delà du front de feu, laisse des traces sur la faune, la flore ou encore dans l’air.
Il ne reste que peu de végétation après le passage des flammes (image d'illustration) ©PexelsTous les animaux ne peuvent pas fuir
Seuls les grands mammifères et certains oiseaux parviennent à fuir à l'approche du front de feu. Les petits animaux (reptiles, rongeurs, insectes) ne peuvent pas s'échapper et se réfugient dans des terriers ou sous les roches. Beaucoup n'y survivent pas. Mais les effets ne s'arrêtent pas aux flammes. La destruction des habitats compromet directement la reproduction : manquer une seule saison peut nécessiter des dizaines d'années de rétablissement pour certaines espèces. Les sources de nourriture brûlées ou contaminées poussent les animaux à se déplacer davantage, augmentant la compétition entre espèces pour des ressources réduites. Lorsque des plastiques ou matériaux non naturels brûlent dans ou en bordure de zone forestière, des toxines se retrouvent dans les eaux de ruissellement et contaminent rivières et nappes, affectant aussi la faune aquatique.
Une végétation fragilisée avant même les flammes
En période de sécheresse intense, comme celle que connaissent actuellement la Drôme et l'Ardèche, où la quasi-totalité du département ardéchois est en alerte renforcée, les végétaux souffrent en amont. Lorsque l'évapotranspiration devient supérieure à la quantité d'eau disponible dans le sol, la sève cesse de circuler et la végétation meurt. Cette perte de vitalité les rend aussi plus attractifs pour les espèces invasives, qui profitent de l'affaiblissement des essences locales pour s'installer.
Le changement climatique réduit le temps de récupération
Le changement climatique augmente à la fois la fréquence et l'intensité des incendies, laissant de moins en moins de temps à la nature pour se reconstituer entre deux feux. Après un incendie, les pinèdes méditerranéennes mettent généralement une quinzaine d'années à se reconstituer à partir des graines. Les chênes verts, en revanche, ne repartent pas de zéro : même si l'arbre est détruit par le feu, ses racines survivent et produisent de nouvelles tiges. Cette capacité leur permet de repousser rapidement, mais il faut ensuite environ 25 à 50 ans pour retrouver une forêt comparable à celle d'avant l'incendie.
Lorsqu'un nouvel incendie survient avant que la forêt ne se soit reconstituée, le sol, privé de sa couverture végétale, est plus facilement érodé et sa couche fertile est emportée par les pluies. La biodiversité diminue, avec un risque d'extinction locale pour les espèces les moins mobiles.
Un air dégradé
Les feux de forêt émettent des quantités importantes de particules fines : matière organique, carbone suie, monoxyde de carbone, composés organiques volatils. Ces fumées peuvent se propager sur des kilomètres et dégrader la qualité de l'air au-delà de la zone incendiée, comme l’explique Nicolas VIGIER, correspondant territorial Drôme Ardèche pour ATMO Auvergne-Rhône-Alpes.
« On voit bien, sur les photos satellites, le panache de Die va jusqu'à la Méditerranée. Mais il voyage très haut en altitude, et les retombées sont très partielles. Par exemple, il se trouve qu'on a un point de mesure permanent qui est installé à Saint-Nazaire-le-Désert, à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de l'incendie. Et on voit très nettement un impact sur ce site-là avec une augmentation des concentrations de poussière. Donc l'impact, on peut le mesurer sur plusieurs dizaines de kilomètres. Après, bien évidemment, plus on est près de la source, plus les niveaux sont élevés. Quand on s'éloigne, on voit la trace, mais il y a des concentrations qui sont quand même plus faibles. »
Les personnes vulnérables (enfants, personnes âgées, asthmatiques…) sont les premières exposées. Plusieurs études tendent à démontrer que les particules fines issues des feux de végétation provoquent un risque plus important d'hospitalisation que celles issues d'autres sources de pollution, et que le nombre de décès imputable à ces fumées est largement sous-estimé.
Ci-dessous, les conseils de l’agence ATMO pour se protéger :
