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Immigration : « La vraie question, c'est l'intégration », estime Nicolas Samsoen, maire de Massy (Essonne)

Immigration : « La vraie question, c'est l'intégration », estime Nicolas Samsoen, maire de Massy (Essonne)

Un article rédigé par Alexis Mercier - RCF, le 3 juillet 2026 - Modifié le 3 juillet 2026
Le Grand TémoinPour le maire de Massy (Essonne), l'intégration, ça marche

À la veille du déplacement du pape Léon XIV à Lampedusa, symbole des drames migratoires en Méditerranée, le débat sur l'immigration revient au premier plan. Mais regarde-t-on le bon sujet ? Pour Nicolas Samsoen, maire UDI de Massy, commune de 51000 habitants en Essonne, la France se trompe de débat depuis quarante ans : l'enjeu n'est pas d'abord l'immigration mais l'intégration.   

Nicolas Samsoen , maire de Massy (Essonne) ; © RND-RCFNicolas Samsoen , maire de Massy (Essonne) ; © RND-RCF

Comment accueillir sans fracturer la société ? À la veille de la visite du pape Léon XIV à Lampedusa, treize ans après le déplacement historique du pape François sur cette île devenue le symbole des migrations en Méditerranée, cette question revient sans cesse. Pour Nicolas Samsoen, maire UDI (Union des démocrates et indépendants) de Massy et auteur de "D'excellents Français", le débat public passe à côté de l'essentiel. « La vraie question décisive, c'est la question de l'intégration », estime-t-il. L'immigration, rappelle-t-il, concerne les personnes qui arrivent chaque année. L'intégration, elle, concerne déjà près de 14 millions de personnes : les immigrés et leurs enfants. « De toute façon, ils vont rester. Donc la question, c'est : comment est-ce qu'on arrive à vivre ensemble ? », indique l'élu local. 

Le défi n'est plus l'arrivée, mais la vie commune

Confondre immigration et intégration conduit à de fausses réponses. Nicolas Samsoen reconnaît qu'il faut « mieux maîtriser les flux migratoires » mais refuse d'en faire le cœur du sujet. L'école, le logement, la lutte contre la ségrégation sociale, la laïcité : c'est là selon lui que tout se joue. « Ça peut marcher », assure-t-il. À Massy, où les habitants de confession musulmane sont plus nombreux que les catholiques pratiquants, les débats existent mais sont souvent bien différents de ceux qu'on imagine. Les horaires séparés dans les piscines ? « Personne ne me le demande. Ça n'existe pas », assure le maire. Les menus sans porc à la cantine ? « C'est une question totalement légitime », estime-t-il. 

Pourquoi alors une telle inquiétude dans une partie de la population ? Nicolas Samsoen pointe d'abord « le sentiment de déclassement » et « une perte de repères. » Le visage de nombreux quartiers a changé. « Ce ressenti-là, je peux le comprendre de prime abord. Après, justement, il faut le décortiquer », avance-t-il. 

Une intégration qui fonctionne...malgré tout

Le maire de Massy s'appuie aussi sur les données en citant l'enquête Trajectoires et Origines de l'INED, selon laquelle « la machine intégratrice marche », remarque-t-il. Les écarts diminuent au fil des générations. « Les gens travaillent, ils contribuent. À la troisième génération, la différence statistique devient négligeable », observe l'élu local. Sa critique vise surtout les politiques qui compliquent le quotidien des personnes déjà installées. « Il y a une chose totalement idiote que nous faisons aujourd'hui : laisser des gens sur le territoire français et tout faire pour les enquiquiner au quotidien », dénonce-t-il. À ses yeux, cette logique détourne l'attention des cas réellement problématiques. 

Alors que le pape Léon XIV se rend à Lampedusa pour rappeler que derrière les chiffres, se trouvent des vies humaines, Nicolas Samsoen invite lui aussi à déplacer notre regard : « On se distrait de vraiment contrôler les quelques milliers qui sont un problème, (...) en enquiquinant des millions de gens qui contribuent au développement de la France », prévient-il. Pour lui, le débat ne pourra avancer qu'à une condition : cesser de confondre immigration et intégration.

©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Le Grand Témoin
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