Immigration : "arrêtons de vendre du rêve", déclare l'eurodéputé François-Xavier Bellamy
François-Xavier Bellamy est député européen et professeur de philosophie. Il siège au sein du groupe du Parti populaire européen (PPE). Il insiste sur l’importance "d’arrêter de vendre du rêve" pour limiter l’immigration à l’échelle européenne
François-Xavier Bellamy ® DRMoins de 20%. C’est le pourcentage des décisions de retour qui sont effectivement appliquées à l’échelle européenne. Le pacte sur la migration et l’asile est conçu pour apporter une réponse européenne commune. Ce n'est pas seulement un texte de "lutte contre l’immigration" : il vise aussi à harmoniser les règles, à renforcer les garanties pour les demandeurs d’asile et à encadrer la gestion des crises migratoires.
Les quatre piliers du pacte sur la migration et l’asile
Adopté en avril 2024 par le Parlement européen, le pacte asile et immigration est entré en vigueur le 12 juin dernier. Son objectif est de mettre en place une politique européenne commune, avec des règles plus harmonisées. Il repose sur quatre piliers fondamentaux : des procédures aux frontières extérieures plus rapides et plus efficaces, des procédures d’asile et de retour plus robustes, un mécanisme de solidarité entre les États membres et une coopération renforcée avec les pays tiers d’origine et de transit. Un texte complémentaire, le "règlement retour", le renforce. Il prévoit la mise en place de "centres de rétention" au Rwanda ou en Ouzbékistan, pour les ressortissants refusés par leur pays d’origine. François-Xavier Bellamy est l’un des eurodéputés ayant travaillé sur ce texte. Il évoque l’existence d’une "logique" permettant de "sortir de l’impuissance dans laquelle se trouvent actuellement les pays européens". Prenant l’exemple de la France, il rappelle les OQTF qui ne sont pas mises en œuvre. En 2024, 15 000 ont échoué, sur les 130 000 prononcées.
"Arrêtons de leur vendre du rêve"
François-Xavier Bellamy estime que si l’on "arrive à entrer illégalement en Europe", on est ensuite "certain d’y rester pour toujours". Selon lui, c’est précisément ce qui alimente "les affaires sordides des passeurs". Il présente ces derniers comme des "réseaux criminels parmi les plus dangereux de la planète". Si tant de personnes risquent leur vie pour venir en Europe, c’est, selon l’eurodéputé, parce qu’on leur vend l’idée qu’une fois arrivées, elles pourront "rester pour toujours". Pour lui, mettre fin à "cette traite des êtres humains" suppose donc d’imposer "une évidence absolue : entrer illégalement en Europe ne permet pas de s’y établir durablement."
Pour mettre fin à cette traite d’êtres humains, il faut rappeler clairement qu’une entrée illégale en Europe ne permet pas de s’y installer définitivement.
À ce sujet, Mgr Antoine Hérouard apporte de la nuance. Archevêque de Dijon et vice-président de la Commission des épiscopats de l’Union européenne (Comece), il craint les "risques de dérives" potentiellement engendrés par la mise en place des "centres de rétention". Dans une tribune publiée par La Croix le 8 juin, il mentionne la mise en danger du "respect des droits de l’homme" dans les pays où seront créés ces centres. Cependant, l’archevêque de Dijon et le député européen sont d’accord sur une chose : il est nécessaire de traiter "la source" de l’immigration à l’échelle européenne.


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