“Il n’y a pas un seul kilomètre où on s’ennuie” : pourquoi le GR34 séduit toujours plus
Long de près de 2.000 kilomètres entre la baie du Mont-Saint-Michel et Saint-Nazaire, le GR34 est devenu l’un des itinéraires de randonnée les plus emblématiques de France. Entre paysages sauvages, patrimoine historique et biodiversité exceptionnelle, le Sentier des Douaniers attire chaque année des millions de visiteurs à la découverte des richesses du littoral breton.
Le phare de Ploumanac’h, étape incontournable du Sentier des Douaniers en Bretagne © Philippe Serrand / Pexels Après avoir longtemps été associée aux vacances d’été, la Côte d’Azur voit désormais la Bretagne s’imposer comme une destination incontournable. En 2025, la région a enregistré une nouvelle progression de sa fréquentation touristique, avec une hausse de 5,7 % de la fréquentation estivale par rapport à l’année précédente, portée notamment par l’engouement pour ses paysages et son littoral.
Parmi les sites emblématiques de cette attractivité figure le GR34, le célèbre Sentier des Douaniers. Pour en parler, Julien Amic, naturaliste, photographe et auteur de GR34, le Sentier des Douaniers de la baie du Mont-Saint-Michel à Saint-Nazaire, publié aux éditions Glénat, revient sur la richesse de cet itinéraire qu’il connaît intimement.
Un sentier entre paysages et histoire
Le nom de Sentier des Douaniers rappelle les origines du GR34. Ce chemin côtier servait autrefois aux douaniers pour surveiller les côtes françaises et lutter contre la contrebande, avant d’être également utilisé par les militaires pour observer le littoral. Aujourd’hui, il est devenu un véritable voyage à travers l’histoire bretonne. “C’est un tour de la Bretagne par le bord de mer, mais aussi un tour de son histoire”, résume Julien Amic.
Tout au long du parcours, les randonneurs découvrent des sites emblématiques comme le Mont-Saint-Michel, les remparts de Saint-Malo ou encore les vestiges du mur de l’Atlantique. Mais le GR34 révèle aussi un patrimoine plus discret, avec ses petits murets de pierres sèches ou ses paysages façonnés au fil des siècles. La richesse du sentier tient aussi à la diversité des paysages traversés. “C’est une richesse à la fois des paysages, une richesse dans les cheminements, dans les difficultés qu’il va y avoir ou qu’il ne va pas y avoir, dans la variété des patrimoines”, détaille Julien Amic.
Parmi les étapes les plus célèbres figure la côte de Granit Rose, dans les Côtes-d’Armor. Ses rochers aux teintes roses et dorées attirent chaque année de nombreux visiteurs. Mais pour l’auteur, cette portion n’est qu’une facette d’un itinéraire beaucoup plus vaste : “Si on parle de la presqu’île de Crozon, elle l’est aussi, si on parle de la presqu’île de Quiberon ou du golfe du Morbihan, c’est le cas également”. Ce qui fascine particulièrement Julien Amic, c’est la capacité du GR34 à changer constamment. “Les paysages changent en permanence, avec la météo, avec la lumière, avec l’heure du jour, avec les saisons“, explique-t-il. Une évolution permanente qui rend chaque promenade différente : “Vous ne pouvez jamais vous ennuyer”.
Un écrin naturel qui attire les randonneurs
Au-delà des paysages, le GR34 est aussi un formidable refuge pour la biodiversité. Une grande partie du parcours traverse des zones classées Natura 2000, notamment pour leur richesse en volatiles. “On voit énormément d’oiseaux au fil du sentier”, souligne Julien Amic. Certains secteurs permettent également d’observer des dauphins ou d’autres espèces marines au large.
Pour le naturaliste, le sentier ne doit pas seulement être parcouru, mais véritablement observé. ”Ce n’est pas juste un chemin de pierre, ou un chemin de terre, ou un chemin de sable, c’est aussi tout ce qu’il y a autour”, insiste-t-il. Faune, flore, sons, odeurs et lumières participent à l’expérience du GR34.
Cette richesse attire chaque année de nombreux visiteurs. Avec environ 9 millions de personnes qui parcourent le sentier chaque année, le GR34 figure parmi les grands itinéraires de randonnée français, aux côtés du GR20 en Corse et du GR10 dans les Pyrénées. Mais cette fréquentation reste concentrée sur certains lieux très connus et surtout pendant la période estivale. Julien Amic explique d’ailleurs avoir croisé “très peu de monde” lors de ses randonnées, ce qui se retrouve dans les photographies de son ouvrage.
Cette popularité impose toutefois de préserver ces espaces fragiles. Sur certains secteurs comme le Cap de la Chèvre, la Pointe du Grouin ou le Cap Fréhel, le passage répété des visiteurs peut accélérer l’érosion des sols. “C’est un patrimoine naturel et il est à préserver”, rappelle l’auteur.
Les conseils d’un passionné pour découvrir le GR34
Pour ceux qui souhaitent partir sur les traces du Sentier des Douaniers cet été, Julien Amic conseille avant tout d’adapter son parcours à ses envies. Les marcheurs à la recherche d’un itinéraire plus sportif pourront se tourner vers des secteurs comme le Cap Sizun, où “ça monte, ça descend” avec davantage de dénivelé. Les familles pourront privilégier des portions plus accessibles, notamment autour de la baie d’Audierne, sans pour autant perdre la beauté des paysages.
Faites les 2.000 kilomètres, prenez le temps que ça prend, sur plusieurs dizaines d’années s’il le faut.
Mais le meilleur conseil de l’auteur reste de prendre son temps. “Faites les 2.000 kilomètres, prenez le temps que ça prend, sur plusieurs dizaines d’années s’il le faut”.




