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Hard Brexit: les conséquences pour la France
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Hard Brexit: les conséquences pour la France

Un article rédigé par Florence Gault - RCF,  -  Modifié le 30 juin 2021
Le dossier de la rédaction Hard Brexit: les conséquences pour la France
Voulez-vous quitter l'Union européenne sans accord ? C'est la question que Theresa May va poser aux députés britanniques, après qu'ils aient rejeté mardi soir l'accord de retrait.
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L'Union européenne et le Royaume-Uni retiennent leur souffle. Après avoir rejeté au cours d'un vote l'accord de sortie négocié à Bruxelles, les députés britanniques s'apprêtent à voter sur un hard brexit, une sortie de l'UE sans accord. 
 
"Nous sommes le 29 mars 2019, il est minuit en France, 23h au Royaume-Uni. Trois ans après le référendum, après des mois de négociations et malgré l'obtention d'un accord, le Royaume-Uni divorce de l'Union européenne. Sans accord. Un scénario jugé improbable il y a quelques semaines et qui pourrait bien devenir réalité. Avec évidemment des répercussions sur l'économie du Royaume-Uni et la vie quotidienne des citoyens de sa Majesté."
 
Mais pas seulement : Car cela va aussi changer des choses en France. D'après une étude, la France fait partie des six pays qui vont être les plus touchés par le Brexit. A commencer par le commerce. On estime que l'Hexagone pourrait perdre trois milliards d'euros d'exportations. Illustration en Bretagne, où pas moins de 600 petites et moyennes entreprises commercent avec le Royaume-Uni, le troisième débouché des sociétés bretonnes pour l’export. Face à la menace d'un no deal, un Brexit Breizh Tour a été organisé par l’association Bretagne commerce international, pour répondre aux questions des entreprises bretonnes. Car il n'y a pas une seule et même réponse pour toutes les entreprises comme l'explique Gilbert Hascouet, directeur du conseil aux entreprises chez Bretagne Commerce Internationale.
 

 
Les ports bretons vont également être impactés. Et ce sera aussi le cas en Normandie et dans les Hauts de France, trois régions qui sont logiquement intimement liées à la Grande-Bretagne dans leurs échanges. Le retour des contrôles pour l'ensemble des camions pourrait créer des files d'attentes monstres. Et ce, même si les nouvelles formalités ne duraient que quelques minutes supplémentaires par rapport à la situation actuelle, tant les volumes des marchandises sont importants.

D'ailleurs, depuis la semaine dernière, les douaniers font la grève du zèle. Ils ont effectué des contrôles nettement plus renforcés qu'habituellement pour montrer à quoi cela ressemblerait un Brexit sans accord, s'ils n'ont pas des moyens supplémentaires. David-Olivier Caron est le secrétaire général CFDT Douanes.
 


 
Des propos recueillis par Anne Henry, de RCF Nord de France. A l'issue d'une réunion avec l'intersyndicale hier, Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des Comptes publics a promis de débloquer 14 millions d'euros pour améliorer la rémunération de ces fonctionnaires. Une proposition que les syndicats doivent soumettre aux agents grévistes.

Les conséquences du Brexit seront donc les plus visibles dans les Hauts de France, la Bretagne et la Normandie, mais l'ensemble du territoire français devrait pourtant en ressentir les effets. Même les Pays et Territoires d'Outre mer, les PTOM, s'inquiètent du départ des Britanniques de l'Union européenne. Il s'agit des 26 pays et territoires qui relèvent constitutionnellement de quatre des Etats membres de l’Union européenne : le Danemark, les Pays-Bas, le Royaume-Uni. Et la France. Sont concernés la Nouvelle-Calédonie et ses dépendances, la Polynésie française, Saint-Pierre-et-Miquelon, les Terres australes et antarctiques françaises, Wallis et Futuna et, depuis 2012, Saint-Barthélemy. Tous les PTOM redoutent que l'assistance financière européenne dont ils bénéficient diminue avec le Brexit. C'est que craint Thierry Catteau, chef du Bureau des affaires étrangères à la Présidence de la Polynésie française.
 


 
Les Pays et territoires d'Outre-mer demandent instamment à la Commission européenne de clarifier l’impact du retrait du Royaume uni de l’UE sur l’assistance financière.
 
Autre conséquence du Brexit : le retour des frontières. Et une sortie sans accord compliquerait les déplacements des voyageurs. Le gouvernement britannique et la Commission Européenne ont assuré que les vols seront normalement effectués entre le Royaume-Uni et l'Union européenne après le 29 mars. Les ressortissants de l'UE pourront continuer à voyager simplement avec leurs cartes d'identité au moins jusqu’au 31 décembre 2020. Mais s'il n'y a pas d'accord, ce sont les contrôles renforcés qui vont poser le plus de problèmes. Les explications de Tom Jenkins, directeur général de l'association européenne du tourisme.


 
Enfin, si l'option du no deal est choisie, certains redoutent une véritable tempête financière. Le Royaume-Uni est la 5ème puissance économique mondial. Elle ne peut donc pas quitter l'Union européenne sans conséquences. Londres n'est plus la première place financière mondiale, devancée par New York après le départ de nombreux établissements bancaires de la planète, désireux de conserver leur accès au marché unique européen.

Car avec le Brexit, la City de Londres renonce à son passeport financier, c'est-à-dire qu'elle perd son droit de vendre ses produits et ses services à l’intérieur de l’Espace économique européen. Et inversement, l'Union européenne perd celle qui était sa première place financière. C'est surtout un symbole que perd l'UE comme en témoigne Stéphane Giordano, président de l'Amafi, l'Association française des marchés financiers.
 


 
 

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