Guillaume Mariau | À la frontière birmano-thaïlandaise, des enfants réfugiés
En ce début d'année 2026, l’appel à la fraternité résonne avec une urgence nouvelle. Guillaume Mariau évoque le réveillon du nouvel an qu'il a passé en Thaïlande.
Guillaume Mariau © DRJe suis en mission en ce début d’année à la frontière de la Birmanie, à Mae Sot en Thaïlande, afin de rendre visite à des programmes de parrainage et à des camps de réfugiés que nous soutenons avec Enfants du Mékong.
J’ai passé la fête de la Saint-Sylvestre dans un petit village qui s’appelle le Km 48, parce qu’il se situe à 48 kilomètres de Mae Sot, avec des prêtres de l’ordre des Xavériens : un prêtre italien et un autre mexicain. Dans ce village, j’ai été profondément marqué, parce que six ethnies différentes y vivent en paix et en harmonie : des Thaïs, des Hmongs, des Hakkas, des Lahus, des Miens, et des Birmans réfugiés. Nous avons soutenu la construction d’une très belle école dans ce village. Elle accueillera bientôt plus de 200 enfants, tous réfugiés, qui ont fui la guerre en Birmanie.
Grâce à cette école, ces enfants vont enfin pouvoir étudier dans de bonnes conditions.
Vivre la fraternité
Dans cette région, on voit que beaucoup portent encore des vêtements traditionnels et affichent avec fierté leurs racines ethniques. C’est très beau de constater que l’on peut affirmer son identité sans s’opposer à l’autre, et vivre une réelle fraternité. Cela me touche particulièrement en ce temps de l’Épiphanie. Saint Paul nous exhorte à cette fraternité universelle. Il nous dit dans la lettre aux éphésiens : "Il est maintenant révélé que les nations sont associées au même héritage, au partage de la même promesse" (Ep 3, 2-3a.5-6).
Cela fait douze ans que je travaille pour Enfants du Mékong, et je n’arrive toujours pas à m’habituer à un tel niveau de misère.
Dans ce bidonville, ce sont des maisons de tôle, infestées de moustiques, construites sur un terrain vague. Trois Sœurs de la Charité s’occupent ici des enfants. Ils sont tous musulmans et ont fui la guerre en Birmanie. Là encore, j’ai été profondément marqué par cette fraternité universelle, qui me fait immédiatement penser aux mots du pape François dans son encyclique Fratelli Tutti : « La fraternité n’est pas une idée abstraite, elle se construit dans la vie quotidienne, dans la proximité et l’attention aux plus fragiles. ». Alors voilà : peut-être que cette année pourrait commencer sous le signe de la fraternité, cette fraternité très concrète, dont on oublie parfois qu’elle est écrite sur le fronton de nos mairies.


Association de loi 1901, reconnue de bienfaisance et habilitée à recevoir dons et legs, Enfants du Mékong n’a cessé d’évoluer depuis 1958 pour s’adapter aux demandes du terrain. Voulue comme un lien d’amitié avec les peuples d’Asie du Sud-Est, elle est restée fidèle à sa vocation première : aimer et secourir les enfants pauvres et souffrants en leur offrant un avenir grâce à l’instruction.
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