Guerre Israël / Hamas : l’opération dans l’hôpital d’al-Chifa est-elle légale ?

Un article rédigé par La rédaction - RCF, le 16 novembre 2023  -  Modifié le 16 novembre 2023

Lancée le mercredi 15 octobre, « l’opération ciblée » de l’armée israélienne contre le principal hôpital de la bande de Gaza se poursuit. Une intervention largement controversée car elle a lieu dans un lieu pourtant censé être inattaquable en temps de guerre. Mais que dit réellement le droit international ? 

L'opération menée par l'armée israélienne vise notamment les centaines de kilomètres de tunnels sous la bande de Gaza. Photo prise le 18 mai 2022 par Abed Rahim Mohammed / Hans Lucas. L'opération menée par l'armée israélienne vise notamment les centaines de kilomètres de tunnels sous la bande de Gaza. Photo prise le 18 mai 2022 par Abed Rahim Mohammed / Hans Lucas.

L’armée israélienne a-t-elle le droit d’attaquer un hôpital ? La question fait largement débat sur les réseaux sociaux alors que la Convention de Genève stipule normalement que « les hôpitaux civils organisés pour donner des soins aux blessés, aux malades, aux infirmes et aux femmes en couches ne pourront, en aucune circonstance, être l'objet d’attaques » et qu’ils seront « en tout temps, respectés et protégés par les Parties au conflit ».

Un lieu stratégique

Mais cet article est annulé par le suivant, l’article 19 précisant que « la protection due aux hôpitaux civils ne pourra cesser que s'il en est fait usage pour commettre, en dehors des devoirs humanitaires, des actes nuisibles à l'ennemi ». Or Israël affirme que le Hamas utilise cet hôpital, ou du moins ses sous-sols, à des fins militaires. A la suite de son opération, l’armée israélienne a d’ailleurs affirmé y avoir trouvé "des munitions, des armes et des équipements militaires" du Hamas.   

Des découvertes qui n’ont rien de surprenant pour le général Christophe Gomart, ancien directeur du renseignement militaire français, spécialiste de géostratégie militaire : « c’est quelque chose de connu. Le Hamas se sert de ces hôpitaux pour y mener ses opérations militaires, pour y mélanger ses combattants [aux soignants et malades] et ensuite accuser Israël de tuer des civils et de viser délibérément des hôpitaux ».  

Une opération « très complexe » 

Non seulement les termes du droit international rendent cette opération difficile à justifier, mais elle est en plus « très complexe » à mener, selon le général Christophe Gomart. En effet, « elle impose une imbrication avec du personnel médical, civil et avec des malades » qu’il faut épargner. C’est pourquoi, l’armée israélienne va certainement tenter « d’en évacuer » et imposera une « surveillance militaire » pour ceux qui ne pourront pas l'être. 

L’autre axe d’action de l’armée israélienne est souterrain. En effet, le Hamas a construit un réseau de tunnels – pratiquement sans équivalent dans l’histoire militaire – estimé entre 300 et 500 kilomètres de long. Un dédale qui constitue une immense cachette pour les combattants du groupe terroriste, mais qui peut aussi se transformer en piège contre eux. Car c’est par là, qu’Israël a prévu de frapper. « J’ai cru comprendre qu’ils avaient inventé des explosifs qui faisaient des espèces de mousse qui bouchaient les entrées, explique le général, et ils utiliseront sans doute ce nouveau type de moyens pour tenter de boucher les entrées des tunnels et empêcher les combattants du Hamas d’en sortir »

Cet article vous a plu ?
partager le lien ...

RCF vit grâce à vos dons

RCF est une radio associative et professionnelle.
Pour préserver la qualité de ses programmes et son indépendance, RCF compte sur la mobilisation  de tous ses auditeurs. Vous aussi participez à son financement !

  • Ce don ne me coûte que 0.00 € après déduction fiscale

  • 80

    Ce don ne me coûte que 27.20 € après déduction fiscale

  • 100

    Ce don ne me coûte que 34.00 € après déduction fiscale

Faire un don