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Guerre en Iran : où en sont les négociations ?

Guerre en Iran : où en sont les négociations ?

Un article rédigé par Mélanie Niemiec - RCF, le 20 avril 2026 - Modifié le 22 avril 2026
L'Invité de la Matinale"Les méthodes qui ont été employées à Gaza sont employées actuellement au sud du Liban", pointe Antoine Basbous

L'Iran a déclaré son intention de riposter après la saisie d'un de ses cargos par les États-Unis. Le navire tentait de briser le blocus américain. Les tensions entre les deux pays continuent de s'intensifier, notamment avec des négociations prévues au Pakistan. Antoine Basbous, politologue associé chez Forward Global et directeur de l'Observatoire des Pays Arabes, analyse les enjeux des négociations entre les États-Unis et l’Iran.

Antoine Basbous directeur de l'Observatoire des pays arabes et associé chez Forward Global ® OPA-ConseilsAntoine Basbous directeur de l'Observatoire des pays arabes et associé chez Forward Global ® OPA-Conseils

"Tout en affirmant privilégier la diplomatie et se dire prêts à négocier, les États-Unis adoptent des comportements qui ne témoignent en rien d'un engagement sérieux dans un processus diplomatique", a déclaré Esmaïl Baghaï, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de l’Iran. Téhéran affirme ne pas avoir encore pris de décision quant à une éventuelle participation aux nouveaux pourparlers de paix avec les États-Unis, prévus à Islamabad le lundi 20 avril.

Où en sont les négociations ?

Antoine Basbous estime qu’il est "prématuré" de parler d’échec dans les négociations. Le vrai revers est selon lui d’abord "militaire et stratégique". Donald Trump a promis que cette guerre durerait entre quatre et six semaines. La huitième semaine débute et on ne voit pas de capitulation de Téhéran mais au contraire une "guerre d’usure" qui "plombe l’économie mondiale". Antoine Basbous décrit la séquence actuelle comme une "gesticulation" des deux côtés belligérants. Les "vraies négociations" se jouent en coulisses, tandis que les échanges publics relèvent surtout de "fanfaronnades" destinées aux opinions nationales. Selon lui, l’Iran cherche moins à éviter le dialogue qu’à en maîtriser le rythme, pour être "appelé, sollicité, encouragé" à venir à la table des négociations. Antoine Basbous avance également que le guide suprême iranien n’apparaît pas publiquement parce qu’il n’est "pas présentable" et possiblement "trop durement touché". Les tensions autour du détroit d’Hormuz et de la saisie d’un cargo s’inscrivent, dit-il, "dans les ressorts mêmes de la négociation".

L’uranium, un sujet délicat

La question de l'enrichissement de l'uranium par l'Iran demeure centrale. Pour Antoine Basbous, l’uranium fait même "partie de l’ADN du régime". Il serait donc extrêmement douloureux "pour l’image" du régime, de s’en séparer. Les États-Unis, sous la direction de Donald Trump, insistent sur la récupération des stocks d'uranium enrichi iraniens, mais cela reste un point de discorde majeur avec Téhéran. "La levée des sanctions est cruciale pour l'Iran", explique le politologue, parce qu’elle permettrait à l’Iran de "retrouver une place dans la communauté internationale".

L’essentiel pour le régime iranien, c’est de sauver le régime. 

Un militaire français tué au Liban

Le conflit opposant l’Iran aux Etats-Unis et à Israël met, depuis plusieurs semaines, le Liban dans une situation très précaire. Le Liban subit des attaques israéliennes qui visent le Hezbollah. Le Hezbollah est un mouvement politique et militaire, né dans les années 1980 pendant la guerre civile au Liban. Il est fortement soutenu par l’Iran et joue aussi un rôle important dans la vie politique libanaise, tout en étant considéré comme une organisation terroriste par plusieurs États. 

Dans ce contexte, samedi 18 avril, le sergent-chef français Florian Montorio a perdu la vie dans la région de Deir Kifa, au Sud du Liban. Il a été pris dans une embuscade contre des casques bleus de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), dans laquelle trois autres soldats français ont été blessés. "Tout laisse à penser que la responsabilité incombe au Hezbollah", a déclaré Emmanuel Macron. Selon Antoine Basbous, "le maintien du régime iranien est une menace pour le Liban". Ses ramifications armées "resteront entretenues en Irak, au Liban et ailleurs". C’est pour cette raison que "le Hezbollah est rejeté par un grand nombre de Libanais".  

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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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