Grève des médecins libéraux : pourquoi les rendez-vous sont bloqués pendant dix jours dans les Hauts-de-France ?
Impossible ou presque de prendre rendez-vous chez un médecin depuis lundi 5 janvier. Les médecins libéraux sont engagés dans une grève de dix jours pour protester contre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026. Un mouvement largement suivi dans les Hauts-de-France, malgré un contexte sanitaire tendu marqué par la grippe et la bronchiolite.
Pour le docteur Legrand, ces mesures traduisent une volonté de contrôle excessif de l’activité médicale. ©DRDepuis plusieurs jours, prendre rendez-vous chez un médecin libéral relève du parcours du combattant. Sur les plateformes de prise de rendez-vous en ligne, comme Doctolib, la majorité des créneaux sont indisponibles. En cause : une grève des médecins libéraux, engagée pour dix jours, afin de protester contre plusieurs mesures du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adopté par le Parlement.
Un mouvement largement suivi, notamment chez les spécialistes, selon le docteur Bertrand Legrand, médecin généraliste à Tourcoing et secrétaire général de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) Hauts-de-France.
Une grève dans un contexte sanitaire tendu
Cette mobilisation intervient alors que la région, comme le reste du pays, connaît depuis près d’un mois une épidémie de grippe et de bronchiolite. Une situation qui interroge sur l’opportunité d’un tel mouvement.
« Les grèves, ce sont des moments difficiles », reconnaît le docteur Bertrand Legrand.
Chaque médecin fait comme il peut pour que ses propres patients puissent avoir un rendez-vous en cas d’urgence. Mais c’est vrai que tous les rendez-vous sont bloqués et que la plupart des médecins suivent ce mouvement de grève.
Les consultations non urgentes sont donc reportées, tandis que les médecins s’organisent au cas par cas pour assurer les situations les plus critiques.
Une opposition au projet de loi de financement de la Sécurité sociale
Au cœur de la mobilisation, plusieurs mesures dénoncées par l’intersyndicale médicale. Les médecins s’opposent notamment à une baisse de la tarification de certains actes, à travers la CCAM, qui entraînerait selon eux un reste à charge plus important pour les patients.
D’autres points cristallisent la colère : l’encadrement des prescriptions d’arrêts de travail, l’obligation d’utiliser le dossier médical partagé ou encore l’idée d’une obligation d’installation des médecins.
« La médecine n’est pas prévisible »
Pour le docteur Legrand, ces mesures traduisent une volonté de contrôle excessif de l’activité médicale. « Dans l’équilibre de la négociation avec la Sécurité sociale, on ne veut pas une maîtrise comptable totale sans l’avis du médecin », explique-t-il.
L’objectif chiffré en matière d’arrêts de travail pose particulièrement problème. « Le fait d’avoir un objectif d’arrêt de travail est un problème. Cette maîtrise comptable fait perdre le sens de la prescription. La médecine n’est pas prévisible », insiste-t-il, évoquant un constat partagé par de nombreux confrères.
Une mobilisation appelée à durer
La grève des médecins libéraux se poursuit encore pour plusieurs jours. Au total, neuf jours de mobilisation restent prévus, avec des conséquences directes pour les patients, invités à se tourner vers les urgences uniquement en cas de nécessité absolue.
Un bras de fer qui illustre, une nouvelle fois, les tensions persistantes entre les professionnels de santé libéraux et les pouvoirs publics autour de l’organisation et du financement du système de soins.


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