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Gilles Bourdouleix : “Ils n’ont pas gagné les élections, je les ai perdues.”

Gilles Bourdouleix : “Ils n’ont pas gagné les élections, je les ai perdues.”

Un article rédigé par La rédaction - RCF Anjou, le 28 mai 2026 - Modifié le 1 juin 2026
Emissions spéciales !Entretien exclusif avec Gilles Bourdouleix

Un peu plus de deux mois après son revers aux municipales, celui qui fut le premier magistrat de la ville de Cholet durant trente ans (1995 - 2026) se confie sur les raisons qui - selon lui - lui ont coûté la victoire. L’ancien édile dénonce notamment le traitement médiatique dont il a fait l’objet durant la campagne et l’absence de soutien de son ex-parti, Les Républicains. 

Gilles Bourdouleix. @Etienne LizambardGilles Bourdouleix. @Etienne Lizambard

Sourire au lèvre, Gilles Bourdouleix est apparu décontracté à son arrivée dans nos studios. Il est 15h ce jeudi 21 mai. Deux mois plus tôt, quasiment jour pour jour, l’ancien homme fort de Cholet a échoué dans sa quête d’un 6e mandat municipal. Et de loin. Battu sèchement par sa rivale et ancienne première adjointe Isabelle Leroy dans une triangulaire avec la gauche au second tour des élections.

 

“Je crois que le territoire va décliner”

 

La déception passée, l’amertume reste bien présente… “Sur le plan personnel, ce n’est pas grave de perdre mais je crois que le territoire va décliner. Je connais les gens qui ont été élus et je sais de quoi ils sont capables, ou plutôt incapables.” Le ton est donné. 

L’homme politique au tempérament souvent impétueux fait preuve de critiques acerbes envers ses anciens collègues. Il n’est pas tendre non plus avec ses opposants de gauche, “des gens qui n’avaient pas brillé en termes de propositions dans le mandat d’avant.” Tellement pas “crédibles” à ses yeux, qu’ils seraient en partie responsables de sa chute. “J’ai analysé bureau par bureau. Si vous comparez 2014 et 2026, la gauche diminue de moitié son score. 22% cette année contre 43-46 habituellement. Dans ce schéma, on aurait dû avoir une triangulaire dans laquelle la gauche gagnait. Or ces voix de gauche sont allées sur la liste UDI macroniste. Si vous les enlevez pour les remettre à gauche. Vous apercevez de quoi ? Au premier tour, la gauche est devant. Nous sommes deuxième.” 

Gilles Bourdouleix n’en démord pas : “ Ils [la liste d’Isabelle Leroy] n’ont pas gagné les élections, je les ai perdues.” 

 

La presse dans le viseur de l’ancien maire

 

Cet échec, l’ancien maire l’attribue aussi à son traitement médiatique. Ce ne sont ni ses diverses déclarations polémiques ni ses condamnations judiciaires qui lui ont causé du tort auprès des Choletais mais le rapport conflictuel qu’il entretient avec les journalistes. 

Des journalistes à qui il reproche de l’avoir présenté négativement durant des années. “C’est un travail de longue haleine qui a été porté par vos amis de la presse écrite locale qui font de la démolition. Qui dispensent la calomnie. Quand vous faites passer quelqu’un pour un dictateur, un méchant… Il y a des gens qui en ont eu marre. Les Choletais ont voulu changer sans prendre trop de risques. D’ailleurs, quand vous regardez leur programme [celui de la liste Cholet, un nouveau jour], je suis incapable de vous donner un projet qui soit différent de ce que nous avions prévu et de ce que nous faisions.”

 

“Je ne me gênerais pas pour dire les choses en conseil municipal”

 

Désormais cantonné au rôle de simple conseiller municipal d’opposition dans un groupe qui ne compte que 6 membres*, Gilles Bourdouleix a malgré tout l’intention de continuer à se faire entendre. Quitte à déranger. “ Que mes propos agacent, ça m’est complètement égal. Parce que le résultat, c'est quoi aujourd'hui ? Une vie politique d'une médiocrité totale. Partout où je me tourne, je vois des gens qui ne sont pas au niveau de ce que j'ai pu connaître il y a 20 ou 25 ans.” L’ancien maire ne se gênera pas “pour dire les choses en conseil municipal.” Il a d’ailleurs déjà commencé à dénoncer des “fautes, y compris juridiques” dans l’exercice du pouvoir par la nouvelle majorité. 

Gilles Bourdouleix a par ailleurs déposé un recours devant le tribunal administratif pour contester les résultats de l’élection. Il accuse Isabelle Leroy de “détournement de fonds publics” durant la campagne. Il réprouve également l’apposition du logo Les Républicains sur ses affiches et programmes alors qu’”elle n’aurait pas reçu l’investiture officielle du parti.” Lui non plus d’ailleurs. Une attitude que l’ancien maire, adhérant LR il y a encore quelques semaines selon ses dires, indique ne pas comprendre. “LR avait une ville de 56 000 habitants, présidée et dirigée par un maire LR, encarté, avec une vingtaine d'adhérents LR dans la majorité municipale. Et le mouvement n'a même pas tranché pour soutenir cette équipe sortante. Aujourd'hui on se retrouve avec une maire UDI dans une équipe avec quatre LR encartés à ma connaissance. C'est d'une absurdité totale.” 

Si le parti de Bruno Retailleau n’a pas souhaité accorder sa confiance à Gilles Bourdouleix c’est peut-être aussi à cause de son rapprochement avec le Rassemblement National durant la campagne législative perdue de 2024. Un fait qu’il évacue d’un revers de main. “J’ai été soutenu par le RN en étant candidat soutenu par Eric Ciotti, président de LR à l’époque. Mais je n’ai jamais été membre du RN et je ne serai jamais membre du RN. C’est très clair.”

 

Être de nouveau candidat à la mairie en 2032 : Bourdouleix dit NON !

 

A 66 ans et après trente ans passés à la tête de la ville de Cholet, Gilles Bourdouleix indique avoir repris son activité d’avocat au Barreau d’Angers, en parallèle de son engagement à la mairie. Si le tribunal administratif lui donne raison et annule l’élection, il ne s’interdit pas de postuler à nouveau au siège de premier magistrat de la ville. Dans le cas contraire, “ce sera non. Vous pouvez faire le calcul, j’aurai pratiquement 72 ans à la fin de ce mandat. En revanche je ne m’interdis pas de faire en sorte que l’esprit de Cholet Passion, que je porte depuis des décennies puisse se poursuivre avec quelqu’un qu’on aura réussi à repérer et faire émerger.” Qui ? Gilles Bourdouleix se garde bien de sortir un nom du chapeau pour le moment. 

Quid des prochains scrutins ? Des éventuelles législatives anticipées en 2027 ? “Ca dépendra du résultat des Présidentielles” confie de manière évasive l’ancien député (2002 - 2017). S’investir dans la course à l’Elysée ? “Pourquoi pas. Mais pas en tant que candidat, je vous rassure. Je plaide pour une union de toutes les droites, des modérés aux radicaux. Pour moi c'est le chemin pour retrouver une droite au pouvoir.” Une chose semble certaine, celui qui se revendique Gaullien et non Gaulliste n’a pas l’intention de disparaître de la scène politique. 

 

*Après l’élection, la liste menée par Gilles Bourdouleix comptait 7 représentants élus mais l’une de ses colistières, Nadège Maréchal, a décidé de quitter le groupe le 11 mai dernier tout en continuant de siéger au sein du conseil municipal

 

 

 

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Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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