G7 des collégiens : reconnecter les jeunes aux enjeux du monde
Le sommet du G7 a capté l'attention et mis la ville d'Évian sous cloche, pendant trois jours. Plus de 16 000 forces de l'ordre ont sécurisé les rives du Léman, du 15 au 17 juin, contraignant la vie des habitants, même munis de leurs QR codes. Dans les salons de l'Hôtel royal, la crise de l'énergie, ou l'invasion de l'Ukraine étaient au menu de ce G7 "des grands". Mais dans la ville voisine de Thonon-les-Bains, des collégiens ont tenu leur propre sommet, autour de l'intelligence artificielle.
© Académie de Grenoble"Depuis Thonon-les-Bains, nos élèves se sentaient assez éloignés d’Évian et du G7. Je pense que ce projet a permis de les reconnecter avec les grands enjeux discutés au sein de ce sommet international », résume Marlène Milliet, professeure d’histoire-géographie et d’EMC (enseignement moral et civique), au collège Jean-Jacques-Rousseau de Thonon-les-Bains. Elle fait partie du groupe de quatre enseignants (histoire-géo, anglais et technologie) qui ont mis sur pied, en un temps record (un mois), l'assemblée du G7 des collégiens.
Je ne m'attendais pas à une telle hauteur de vue pour des élèves de troisième.
« Il s’agit d’un projet émanant de la présidence de la République, répercuté par le rectorat, auquel nous avons associé les services de l'inspection académique et notre équipe pédagogique. C’est une occasion rare et pleine de sens, car nous sommes à 10 km d'Évian. Il se trouve que notre professeur de technologie est aussi spécialisé sur la question de l’intelligence artificielle au niveau académique. Nous avons saisi cette opportunité d’intégrer cette thématique dans notre enseignement et de nous interroger en retour sur notre pratique”, précise Emmanuel Coing, proviseur de ce collège de 850 élèves.
L’IA et la protection de l'enfance
Les élèves et leurs professeurs ont choisi d’aborder cette vaste thématique de l’IA au travers de la question de la protection de l'enfance. “Nous avons travaillé en classe en amont, des thématiques de la réglementation au dark web en passant par la surexposition aux contenus nuisibles en ligne”, explique Odile Chessel , professeure d’histoire-géographie. Le mardi 16 juin, les 28 élèves de troisième ont simulé un véritable G7. Ils ont tenu des négociations en bi-latérale avant de se réunir en assemblée plénière. “Ils étaient répartis en groupe représentant les délégations de six pays (France, Royaume-Uni, Brésil, Inde et USA. Regroupement de pays : UE). Nous, professeurs, endossions le rôle de conseillers. Les élèves ont négocié 6 principales résolutions autour de l'IA et de la protection de l'enfance, en respectant les réalités de chaque pays”, développe l’enseignante.
Six résolutions présentées à Brigitte Macron
Clou du projet, le mercredi 17 juin, le G7 des collégiens a pu rencontrer les conjoints des chefs d’État du G7, réunis à la buvette Cachat, dont la Première Dame de France. Ce fut l’occasion de présenter les six résolutions rédigées par les élèves. « Je dois avouer que je ne m'attendais pas à une telle hauteur de vue pour des élèves de troisième», souligne le proviseur.
Les 6 résolutions du G7 des collégiens
(rédigées par les élèves eux-mêmes)
1- Le lancement de campagnes de sensibilisation du grand public aux dangers de l'IA, tels que la cybercriminalité et le « sharenting », ainsi qu'aux bonnes pratiques pour protéger les mineurs. Les délégations souhaitent organiser une journée internationale de l'IA et de la protection de l'enfance.
2- Le renforcement de la collaboration entre les États, les plateformes et les entreprises afin de mieux détecter et de supprimer les contenus dangereux.
3- Le développement d'outils efficaces tels que le contrôle parental, la vérification de l'âge et des paramètres de confidentialité adaptés aux mineurs. La limite d'âge est fixée à 15 ans.
4- Le renforcement, dans les programmes scolaires, de l'apprentissage du numérique et de l'IA afin de former les enfants aux risques et à la protection en ligne. Les délégations proposent des cours d'éducation aux médias et à l'information dans tous les pays : une heure hebdomadaire en première année de collège et deux heures en troisième année (ou l'équivalent selon les pays).
5- Le signalement simplifié des abus et le renforcement du soutien psychologique aux victimes dans leur démarche de réparation.
6- Le ciblage des contenus illégaux par une législation internationale, tout en préservant le droit à une information libre.


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