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François-Bernard Huyghe
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François-Bernard Huyghe

Un article rédigé par Christian Vadon - RCF,  -  Modifié le 30 juin 2021
Après l'attentat terroriste du lundi 22 mai à Manchester, décryptage avec notre invité François-Bernard Huyghe, directeur de recherche à l'IRIS.
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Lundi 22 mai, un jeune de 22 ans d'origine libyenne et connu des services de police pour s'être radicalisé s'est fait exploser à l'entrée de la Manchester Arena. Le drame a eu lieu à l'issue d'un concert de la pop-star Ariana Grande. Parmi les 22 morts et 60 blessés de cet attentat revendiqué par le groupe Etat Islamique. Cette attaque a eu lieu deux mois seulement après l'attentat de Westminster à Londres.

 

"Le motif est de punir le Royaume-Uni"

Déjà en 2005, le terrible attentat qui avait frappé la ville de Londres était une vengeance vis-à-vis de la guerre en Irak pour Al-Quaïda. Selon François-Bernard Huyghe, l'attaque du 22 mai est elle aussi liée à une intervention militaire : celle de la coalition dont la France fait partie, en Syrie et en Irak.

Malgré le multiculturalisme anglais et la présence d'un maire musulman à Londres, il est toujours possible d'avoir des terroristes ayant un passeport britannique, comme ce fût le cas de ce dernier kamikaze. Notre invité le décrit comme dans "le ressentiment vis-à-vis d'une présence impérialiste et chrétienne", considérés comme des persécuteurs de l'Islam.
 

"Leur littérature ne donne pas le motif d'agir pendant les élections"

Pour notre invité, l'attentat n'est pas lié aux élections législatives britanniques. Dans l'esprit des terroristes, selon François-Bernard Huyghe, tous les hommes politiques sont des "mécréants abominables ennemis de l'islam". Il estime que cette attaque n'a pas non plus de lien avec les négociations sur le Brexit. La campagne a été suspendue. 

"Chaque fois qu'il y a un attentat, on se trouve face à un dilemme." Pour François-Bernard Huyghe, les pays touchés par ces attaques ont le choix entre suspendre leurs campagnes électorales, ou les poursuivre comme si de rien n'était, à la façon des Israéliens. Pour notre invité, l'affolement encourage les terroristes, mais il ajoute "un peu cyniquement" que même les discours sur la démocratie font "hurler de rire" les combattants de Daesh, qui le voient comme un signe de faiblesse. 
 

L'Etat Islamique se prépare psychologiquement à la défaite

Daesh sait que le combat est perdu sur le terrain. Mais le groupe Etat Islamique se prépare psychologiquement à cette défaite, il continue de mettre l'accent sur l'aspect ésotérique, en rattachant leur perte de suprématie militaire à "une épreuve envoyée par Dieu." Selon François-Bernard Huyghe, les dirigeants de l'Etat Islamique appeleraient leurs soldats à retourner dans leurs pays d'origine "poursuivre la lutte" en cas de défaite.

La multiplication des mesures d'urgence est-elle efficace ? L'augmentation des forces de police et l'amélioration des services de renseignement sont des éléments importants, mais notre invité souligne que le problème est aussi que la société occidentale n'a pas de "contre discours" efficace à proposer à la jeunesse tentée par Daesh.

 

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