Francofolies 2026 : de retour avec un nouvel album introspectif, Yael Naim ne s'est "jamais sentie aussi libre"
Avec son nouvel album "Solaire", Yael Naim nous plonge dans ses introspections et ses questionnements. Un projet réussi qu'elle a présenté aux spectateurs rochelais durant les Francofolies.
Yael Naim raconte avoir fait le tour du monde pour s'essayer à la photographie et réaliser de tels autoportraits. ©Yael Naim. De passage aux Francofolies, Yael Naim n'a pas fait les choses à moitié. Après un concert le samedi 11 juillet pour présenter son nouvel album, "Solaire", au public du Grand Théâtre, la chanteuse franco-israélienne n'a pas levé le pied. Elle a ainsi participé aux Folies Matinales des Francofolies, avec un concert piano-voix dans la chapelle Fromentin le dimanche matin, avant de terminer en fanfare en étant invitée par Emily Loizeau. Celle-ci célébrait en effet la dernière date de sa tournée.
Un album électro-orchestral
Malgré tout, Yael Naim a trouvé quelques minutes à nous accorder dans ce tourbillon. "Je n'ai pas trop besoin qu'on me préserve", sourit la chanteuse, "j'aime cette sensation de voir plein de choses et de rencontrer plein de gens". Elle souligne également l'intérêt de découvrir "d'autres répertoires, d'autres manières de les jouer" : "ce que j'aime, c'est de diversifier les expériences".
C'est peut-être pour cette raison que son dernier album, "Solaire", sorti en février 2026, tranche avec ses derniers projets. L'artiste explique avoir pris un virage électro-orchestral, d'avoir eu envie "d'être ancrée dans la terre, mais d'explorer aussi l'espace". Ce qui en ressort, ce sont douze morceaux variés, avec une part d'introspection importante, notamment dans des titres comme "La fille pas cool" ou "When we go to bed".
Intégrer la question du conflit israélo-palestinien
"Rabbit Hole" se distingue également. L'artiste franco-israélienne y évoque indirectement le conflit israélo-palestinien en questionnant la peur de l'autre. "I hated you" /"'Cause they told me to" (1), chante Yael Naim, qui confiait au média Face B avoir longuement enterré ces questions. C'est également ce que nous raconte celle qui a vécu en Israël de 4 à 20 ans : "j'ai créé ma vie loin de tout ça, en essayant de ne plus toucher ce conflit, c'était trop douloureux et trop violent".
Régulièrement interrogée sur ses positions après l'attaque du 7 octobre 2023, Yael Naim explique l'avoir supporté difficilement et être allée consulter une psychologue spécialisée dans la gestion des traumatisme. Après cette phase de thérapie, elle raconte s'être "instruite" avant d'aller "sur le terrain", à la rencontre d'activistes pour la paix - "pas la paix superficielle où on bâcle les choses", insiste la chanteuse, "mais où on reconnaît le droit de se définir et d'être libre". Elle évoque ainsi les Guerrières de la paix, le militant palestinien Ali Abu Awwad ou la femme rabbin Nava Hefetz. "J'essaie à ma manière de transmettre leur message", explique Yael Naim.
Un chemin intérieur long, mais qui semble avoir aussi permis à la chanteuse de livrer cet album si personnel. "Je ne me suis jamais sentie aussi libre", se réjouit Yael Naim.
(1) : Je te détestais, car ils me disaient de le faire.


Les Francofolies reviennent du 10 au 14 juillet. Notre journaliste Tanguy Sanlaville vous fait vivre l’événement de l’intérieur à travers des reportages, des rencontres avec les artistes et une immersion dans les coulisses de cette nouvelle édition.
