Fin de vie : les risques d’un basculement de civilisation
RCF Loiret continue à suivre de près le projet de loi sur la fin de vie, qui arrive aujourd’hui au Sénat après son adoption en première lecture à l’Assemblée nationale, et suscite débats, mobilisation et appels à écrire aux parlementaires.
(Photo de Annabel Podevyn sur Unsplash)Le projet de loi sur la fin de vie reste au cœur du débat politique. Adopté le 27 mai 2025 à l’Assemblée nationale par 305 voix contre 199, il a ensuite été transmis au Sénat pour la poursuite de son parcours législatif. Ce texte prévoit notamment la création d’un droit à l’aide à mourir sous conditions, ainsi que des mesures relatives aux soins palliatifs. Mais au Sénat, mercredi soir, un véritable coup de tonnerre est venu bouleverser les discussions : les élus ont rejeté tard dans la soirée l’article 4 du projet de loi, par 144 voix contre 123. Un vote décisif, puisque cet article entérinait précisément le principe du recours à l’euthanasie et au suicide assisté. Désormais le texte reviendra à l'Assemblée nationale.
Dans ce contexte, RCF Loiret essaye, depuis 2023, de nourrir le débat public et éthique à travers des interviews de personnalités variées : Mgr Jacques Blaquart, évêque d’Orléans ; Aline Cheynet de Beaupré, professeure de droit à l’Université d’Orléans ; Emmanuel Duplessy, député NFP-Génération.s du Loiret ; Luc Olekhnovitch, ancien président de la Commission d’éthique protestante évangélique ; Louis Bouffard, jeune personne vivant avec une maladie neurodégénérative ; Philippe Juvin, député LR des Hauts-de-Seine, originaire d’Orléans ; le père Jacques Faucher, prêtre et médecin ou Erwan Le Morhedec, avocat, essayiste et bénévole dans les soins palliatifs. RCF Loiret a également abordé cette question du point de vue de la foi, dans l’émission "Etre Chrétien".
Retrouvez ici les articles publiés par RCF Loiret en 2023 et 2024.
Ces contributions ont enrichi les questionnements autour d’un texte qui ne fait pas l’unanimité. Si l’Assemblée nationale a approuvé l’introduction d’un « droit à l’aide à mourir », la droite sénatoriale semble aujourd’hui disposée à restreindre certaines de ses dispositions ou à revoir des formulations jugées trop larges pour encadrer l’assistance au décès.
Plus largement, des acteurs de la société civile se sont exprimés. La Conférence des évêques de France et la Conférence des responsables de culte en France ont alerté sur les enjeux éthiques d’une législation qui, selon eux, transforme profondément le rapport à la vie et à la mort et demandent un cadre strictement sécurisé. Elles invitent à réfléchir à l’accompagnement des personnes plus que seulement à leur mort, et à garantir des dispositifs robustes de soins palliatifs.
Dans cet esprit, la Conférence des évêques encourage également les citoyens à prendre part au débat démocratique en écrivant à leurs députés et sénateurs pour exprimer leurs avis, leurs interrogations ou leurs craintes quant aux implications humaines et sociales de ce futur texte.




