Fin de vie : le Sénat rejette l’article clé sur l’euthanasie
Le Sénat a rejeté l’article central du projet de loi sur la fin de vie, portant sur l’euthanasie et le suicide assisté. Une décision qui marque, selon Monseigneur Vincent Jordy, archevêque de Tours, « un doute profond est désormais assumé » sur ce texte. Invité de RCF, l’archevêque estime que ce rejet était « possible », au regard de l’évolution récente de l’opinion et des élus. « En un an, on a vu un basculement réel : à l’Assemblée nationale, on est passé de 83 % à 53 % de soutien au projet ».
Vincent Jordy Tours © Zoé BlutelUN DÉBAT BIAISÉ
Pour Mgr Jordy, le débat sur la fin de vie a été mené de manière confuse, voire idéologique. « On ne disait pas toute la vérité sur ce projet de loi », affirme-t-il, soulignant le rôle joué par les associations de soignants, juristes et acteurs de la société civile pour éclairer ses implications réelles.
Il dénonce également un processus législatif engagé sans évaluation des lois existantes sur la fin de vie, alors même que le Conseil d’État jugeait une nouvelle loi inutile. « Le problème n’est pas de voter encore une loi, mais de donner les moyens d’appliquer celles qui existent, notamment en matière de soins palliatifs », insiste-t-il.
LES RISQUES POUR NOTRE SOCIÉTÉ
L’archevêque met en garde contre une législation fondée sur des cas exceptionnels : « On ne légifère pas sur l’exception sans transformer profondément la société. » Il évoque les alertes de nombreux soignants, familles et juristes, ainsi que les effets observés dans des pays ayant légalisé l’euthanasie.
En Belgique, aux Pays-Bas, au Canada, des médecins témoignent des effets de ces lois sur la société. On observe notamment une forme de dépression chez les personnes âgées, liées à l’idée que l’euthanasie devient une option sociale implicite.Ce sont des phénomènes lents, insidieux, qui transforment les mentalités. La vraie question est celle de la qualité humaine et fraternelle de notre société.
« Voulons-nous être une société qui accompagne les plus fragiles ou qui banalise l’idée de leur disparition ? ».
SÉNAT : UNE ÉTAPE, PAS UN ABOUTISSEMENT
Si le rejet sénatorial constitue « une étape importante », Mgr Jordy rappelle que le processus législatif se poursuit. « Le Sénat n’a pas le dernier mot. La vigilance reste nécessaire, dans le débat public comme dans la sphère culturelle. »


Un acteur de la vie locale qui fait l’objet de l’actualité, est interrogé par un journaliste de la rédaction.
