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Fin de vie : le Sénat face à une ligne rouge

Fin de vie : le Sénat face à une ligne rouge

Un article rédigé par Colombe Vissac - RCF, le 20 janvier 2026 - Modifié le 9 février 2026
La chronique des AFCPascale Morinière | La loi fin de vie dans les familles

La loi sur la fin de vie arrive aujourd’hui en examen au Sénat, après une première lecture à l’Assemblée nationale en mai dernier. Présentée comme encadrée et prudente, elle suscite pourtant de lourdes inquiétudes quant à ses conséquences éthiques, familiales et sociales.

Pascale Morinière © DRPascale Morinière © DR

Derrière les ajustements techniques, c’est un interdit fondamental qui se trouve une nouvelle fois fragilisé.

Une évolution trompeuse du cadre légal

La loi de la fin de vie a évolué puisque les conditions d’accès sont désormais les mêmes que celles de l’accès à la sédation terminale de la loi Claeys-Léonetti. C’est-à-dire une affection grave et incurable, un pronostic vital engagé à court terme et des souffrances réfractaires aux traitements ou insupportables en raison de la décision du malade d’arrêter les traitements. Autrement dit, il s’agit des mêmes conditions sauf que le délai potentiel est plus court puisque le pronostic vital doit être engagé à court terme. 

L’interdit de donner la mort est toujours transgressé dans le projet qui arrive au Sénat. Je rappelle aussi ce que disait le député Touraine, grand promoteur de la loi euthanasie qui développait la théorie du « pied dans la porte » : « Dès qu’on aura obtenu au moins une loi, après on pourra étendre les choses. »
La seule garantie solide est l’interdit de donner la mort.

Une bombe à retardement pour les familles et les plus fragiles

Que se passera-t-il au sein des familles ? Dans notre sondage Opinion way mené avec la Fondapol, les Français anticipent pour 70% d’entre eux, de graves désaccords au sein des familles ou entre les proches, entre ceux qui auront soutenu, voire encouragé une décision de recourir à l’euthanasie ou au suicide
assisté, et ceux qui l’auront désapprouvée. Et ce n’est pas une pensée « de droite » puisque ce taux s’élève à 78% pour les proches de l’extrême gauche ! On peut imaginer que ces
ruptures seraient d’autant plus définitives que des intérêts patrimoniaux seraient en jeu. Si le fils en difficultés financières est celui qui soutient la décision de sa mère qui veut en finir,
comment la fratrie pourra-t-elle se retrouver après le décès de leur mère ? Cette loi serait une arme de destruction massive des relations familiales.


Les familles pourront-elles protéger leurs proches ? La loi supprime le délit d’entrave mais il n’y a pas d’évaluation et de protection particulière des personnes déficientes intellectuelles. Elles peuvent ne pas être capables de se protéger dans une situation de grande vulnérabilité. C’est une loi pour les forts au détriment des faibles.
Face à ces enjeux, nous proposons d’écrire aux sénateurs avec le site https://ensemblepourlavie.afc-france.org pour les encourager et prier avec la neuvaine pour la fin de vie qui commence aujourd’hui sur le site Hozana.

 

Émission Je pense donc j'agis © RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
La chronique des AFC
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