Fin de vie : la France va-t-elle franchir le pas ?
La proposition de loi sur la fin de vie est de retour à l’Assemblée nationale. Le texte est examiné à partir de ce lundi 22 mai en troisième lecture. Les évêques de France se sont exprimés à plusieurs reprises vis-à-vis de cette proposition de loi. Selon eux, il ne faut pas prendre soin de la vie en y mettant un terme, mais en l’accompagnant jusqu’au bout. C’est justement la vocation de la Maison Jeanne-Garnier à Paris, une unité de soins palliatifs. Isabelle Lesage, présidente de la Maison Jeanne-Garnier, nous éclaire sur l’enjeu d’une telle loi pour un établissement comme celui-ci.
L'Assemblée nationale © PexelsLa veille de cette nouvelle échéance, les évêques de France invitent les catholiques à s'associer à une neuvaine, une prière comme une arme spirituelle pour éclairer les consciences des parlementaires. La Maison Jeanne-Garnier, une unité de soins palliatifs, accompagne les patients en fin de vie et leurs proches de manière inconditionnelle. Si les parlementaires décident de légaliser l'euthanasie, cela ira à l'encontre de la philosophie de cet établissement.
Une unité de soins palliatifs face au défi de l'euthanasie
Isabelle Lesage, présidente de la Maison Jeanne-Garnier, a conscience de l’impact qu’aura la légalisation de l’euthanasie sur cet établissement et sur ses équipes. Selon elle, « les équipes de Jeanne-Garnier sont engagées dans les soins palliatifs et aucune ne souhaite réaliser l’acte létal ». La présidente de la Maison Jeanne-Garnier souhaite que cet établissement, dédié aux soins palliatifs depuis plus de 150 ans, obtienne une clause institutionnelle permettant aux établissements dont « le projet est nettement opposé au fait de donner la mort » de rester spécialisés, et de « pouvoir continuer sereinement ».
Les gens viennent chez nous pour les soins palliatifs
La visite de Léon XIV, un message attendu sur la dignité humaine
Le vote sur la fin de vie intervient à quelques mois de la visite de Léon XIV en France. Le Pape pourrait se rendre à cette occasion dans un établissement de soins palliatifs, peut-être à la Maison Jeanne-Garnier d'ailleurs. Une chose est sûre, la question de la dignité humaine sera l'un des thèmes abordés au cours de cette visite du Pape en France.
Il y a quelques jours, devant le Parlement espagnol, Léon XIV a rappelé que toute société véritablement juste se fonde sur la reconnaissance de la dignité inviolable de la personne humaine. Un discours qui résonne déjà en France et qui a attiré tout particulièrement l'attention d'Isabelle Lesage. Elle remarque que, malgré la légalisation de l’euthanasie en Espagne il y a 5 ans, le Pape Léon XIV a rappelé au Parlement l’importance du respect de la vie humaine, qui doit être protégée jusqu’à son déclin naturel. Ainsi, Isabelle Lesage affirme que si le Pape vient « dans un établissement, quel qu'il soit, au sujet de la loi sur la fin de vie, sa parole va être forte ». « La vie en société peut être menacée par la culture du rejet quand la vie cesse d'être reconnue comme une valeur fondamentale », a-t-elle déclaré en citant Léon XIV.


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