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Fin de vie : "Il n'y a aucun intérêt à faire une loi", affirme Haïm Korsia, Grand-rabbin de France

Fin de vie : "Il n'y a aucun intérêt à faire une loi", affirme Haïm Korsia, Grand-rabbin de France

Un article rédigé par Margot Maignet - le 23 mai 2024 - Modifié le 20 mai 2025
L'Invité de Louis DaufresneFin de vie : "Il n'y a aucun intérêt à faire une loi" affirme Haïm Korsia, grand rabbin de France

Haïm Korsia, était l'invité de la matinale RCF le jeudi 23 mai 2024, alors que débutaient les premiers débats à l'Assemblée. Au moment de publier Comme l'espérance est violente aux éditions Flammarion, le Grand-rabbin de France réagissait au projet de loi sur la fin de vie.

Haïm Korsia est le Grand-rabbin de France. © RCFHaïm Korsia est le Grand-rabbin de France. © RCF

 Pour Haïm Korsia, “si on voit les choses froidement, il n’y a aucun intérêt à faire une loi, car la loi Claeys-Léonetti suffit”. Il dénonce un projet poussé à bout, au détriment des plus pauvres et en contradiction avec la nature humaine. 

Des intentions cachées ?

“Quand vous faites tomber les barrières, il n’y a plus de limites. On veut sans vouloir” , estime le Grand-rabbin. Pour lui, personne ne tolère de laisser souffrir, mais la loi Clayes- Leonetti est une réponse suffisante à cette situation : “Elle autorise la sédation profonde irréversible. On traite la douleur et, en même temps, on fait baisser les signes vitaux pour éteindre sans souffrance”.

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"Une négation de la fraternité"

En plus d’un problème d’intention, Haïm Korsia blâme un mauvais emploi des mots : “De mon point de vue, il faudrait changer ce terme très dangereux d’'aide à mourir'. On n'aide pas les gens à mourir, on les aide à vivre. C'est une négation de la fraternité”. Il estime que l’intention première ne doit pas être de tuer et pointe la nécessité de “changer cette expression horrible pour arriver à aider à vivre chaque instant sereinement”.

Je comprends qu’il y ait un projet de loi mais on voit bien dans les débats que personne ne sera heureux

Un risque d’eugénisme à l’envers ? 

Haïm Korsia s'indigne que certains soignants exécutent “des crimes par compassion”. Il est persuadé qu’à “éliminer le problème, on ne traite pas la question de la souffrance”.  
Pour le Grand-rabbin de France, la situation est sans issue : “Je comprends qu’il y ait un projet de loi mais on voit bien dans les débats que personne ne sera heureux. Ceux qui ne veulent pas de loi ne seront pas heureux, et on n'ira jamais assez loin pour ceux qui pensent qu’il faut arriver à l’euthanasie organisée”. 

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L'invité de Louis Daufresne © RCF Notre Dame
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
L'Invité de Louis Daufresne
L'invité de Louis Daufresne © RCF Notre Dame
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