Feux de forêt : "les pompiers volontaires ont besoin de reconnaissance"
Alors que les incendies se multiplient début juillet et touchent désormais de nouveaux territoires en France, les sapeurs-pompiers volontaires alertent sur un modèle sous pression. Face à des feux plus précoces et plus difficiles à maîtriser, ils demandent plus de reconnaissance pour poursuivre leur engagement.
“Cet été 2026 confirme que les incendies sont plus précoces, plus violents et ne concernent plus seulement le sud de la France “ © Andreas Berget / PexelsLa saison des feux de forêt 2026 est déjà marquée par une forte activité. Plus de 11.000 hectares sont partis en fumée depuis le début de l’année, avec des incendies plus précoces, plus rapides et désormais présents dans des territoires jusque-là moins exposés.
Pour en parler, Bruno Ménard, directeur national du Syndicat des Sapeurs-Pompiers Volontaires de France, alerte sur les conséquences de cette évolution pour un système qui repose principalement sur l’engagement des volontaires. Des femmes et des hommes qui interviennent en plus de leur activité professionnelle, alors que les missions qui leur sont confiées ne cessent d’augmenter.
Des incendies de plus en plus étendus
Le changement majeur, selon Bruno Ménard, c’est l’extension géographique des feux. "Il y a encore une vingtaine d'années, les feux étaient localisés dans le sud de la France, dans le bassin méditerranéen et le pourtour atlantique sud. Aujourd'hui, les feux sont un peu partout en France", explique-t-il.
Les saisons sont de plus en plus chaudes, de plus en plus sèches.
Bretagne, région parisienne, Vosges, Bas-Rhin, Haut-Rhin, des territoires jusque-là moins exposés, doivent désormais faire face à des incendies importants. Une situation qui oblige les secours à revoir leur organisation. "Les Canadairs, principalement situés dans le sud de la France, sont obligés aujourd'hui de monter dans le nord pour pouvoir éteindre les feux. Et nous avons toujours le même nombre de Canadairs”, souligne-t-il. Sur le terrain, les conditions d’intervention évoluent également. “Les saisons sont de plus en plus chaudes, de plus en plus sèches. Le feu va partir beaucoup plus facilement, se propager beaucoup plus rapidement et être beaucoup plus difficile à neutraliser”, explique l’ancien sapeur-pompier volontaire.
Les pompiers volontaires, pilier d'un système à bout de souffle
Cette nouvelle réalité repose largement sur les sapeurs-pompiers volontaires. Ils représentent 80 % des effectifs et assurent 67 % du temps d’intervention en France. “Deux interventions sur trois en France sont effectuées par des sapeurs-pompiers volontaires”, rappelle Bruno Ménard. Derrière ces chiffres, le syndicaliste alerte sur l'essoufflement d’un modèle. “Nous ne sommes pas dans une crainte de crise du volontariat, nous y sommes déjà depuis quelques années”, déplore-t-il.
La première chose dont nous avons besoin, c’est de reconnaissance.
Ces pompiers ont pourtant une particularité, ils ne sont pas professionnels. Ils sont salariés, ouvriers, cadres, chefs d’entreprise ou étudiants, et interviennent en plus de leur activité. Pourtant, les exigences augmentent. “On a professionnalisé les sapeurs-pompiers volontaires. On leur demande de plus en plus. On leur demande des astreintes, des gardes” dénonce Bruno Ménard. Le problème n’est pas uniquement financier ou matériel. Il est d’abord symbolique. “La première chose dont nous avons besoin, c’est de reconnaissance”, insiste-t-il. Alors que les incendies pourraient devenir de plus en plus fréquents et continuer à s’intensifier dans les années à venir, l’enjeu est de préserver ceux qui sont en première ligne face aux flammes. “Sans les sapeurs-pompiers volontaires, le système s’écroule totalement”, prévient Bruno Ménard.


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