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Face au mal-logement, les élus locaux appelés à se mobiliser

Face au mal-logement, les élus locaux appelés à se mobiliser

Un article rédigé par Antoine Loistron - RCF Drôme, le 26 juin 2026 - Modifié le 3 juillet 2026
L'invité du jour (Ardèche-Drôme)Les élus locaux en première ligne face au mal-logement

La Fondation pour le logement (ex. Fondation Abbé Pierre), a publié son rapport sur le mal-logement en Auvergne-Rhône-Alpes. Face aux manques de logements sociaux, à la forte implantation de résidences secondaires dans certaines zones, et contre la précarité énergétique, l'association invite les élus locaux à se positionner.  

Toutes les villes ne respectent pas les règles en matière de logements sociaux ©PixabayToutes les villes ne respectent pas les règles en matière de logements sociaux ©Pixabay

Près de 300 000 ménages sont en attente d'un logement social en région Auvergne-Rhône-Alpes. C'est l'un des chiffres édifiants du rapport de la fondation pour le logement (ex. Fondation Abbé Pierre) publié au mois de juin 2026. L'effondrement de la production de logements, la hausse du budget pour se loger ou encore le nombre insuffisant d'hébergements d'urgence sont aussi pointés du doigt par l'association, dans les zones urbaines comme dans les zones rurales.

Au lendemain des élections municipales, elle est allée à la rencontre d'élus locaux pour les interroger et rappeler le rôle essentiel des municipalités dans la politique pour le logement. Explications avec Vanessa Brossard, directrice régionale Auvergne-Rhône-Alpes de la Fondation pour le logement. 

Une connaissance des réalités favorisant l'action

RCF : Vous êtes allés à la rencontre d'une douzaine d'élus locaux, par exemple à Soyons (Ardèche), Saint-Marcel-lès-Valence (Drôme), Montbrison (Loire) ou Saint-Égrève (Isère). Que vous ont dit ces élus ?

Ce que ces élus locaux nous ont permis de bien mettre en évidence, c'est qu'ils ont un rôle déterminant pour agir sur les sujets du mal-logement. Ils sont au plus près des réalités, donc ils connaissent les problématiques de leur territoire. Donc, ce sont des élus qui ont à cœur finalement à la fois de connaître, de détecter les signaux faibles, d'anticiper les problématiques sur le territoire, de comprendre ce qui bloque, où sont les résistances. 

Et puis, ils ont également cette particularité d'être connectés à tout un réseau d'acteurs, parmi lesquels évidemment les associations qui jouent un rôle majeur. Et en fait, ce qui est intéressant, c'est que ces élus sont capables de fédérer et de pouvoir organiser, articuler des réponses. La ville joue évidemment un rôle à son échelle, mais elle facilite également la mise en place de solutions, elle permet le dialogue avec les autres pouvoirs publics.

RCF : Il y a des disparités économiques entre les villes. Est-ce que ça a une incidence sur les politiques mises en place ?

Exactement, les moyens ne sont pas les mêmes. Ce qu'on observe effectivement, c'est que des territoires sont plus ou moins dans les radars des politiques publiques, et donc peuvent mobiliser des financements différents, selon que l'on soit dans une petite commune rurale ou dans un territoire plus urbanisé. Après, la Fondation a le souci d'être aux côtés de ces territoires qui sont moins dotés financièrement. 

Ce qu'on voit aussi, c'est qu'il y a de l'inventivité sur les territoires. Dans le rural, il y a aussi des citoyens qui se mobilisent. Il y a des solutions, finalement, qui ne sont pas toujours coûteuses, même si pour produire du logement, il faut des sous. Mais, il y a aussi des solutions que l'on peut envisager en se mettant collectivement au boulot.

Rendre acceptable la construction de logements sociaux

RCF : Les communes ont une obligation de construction de logements sociaux, c'est la loi SRU. Est-ce que c'est appliqué ? 

On a évidemment des territoires très engagés sur la production du logement social, des territoires où c'est plus compliqué, en raison de choix politiques parfois, parce qu'on sait que c'est compliqué aussi vis-à-vis de la population, parfois, l'acceptation du logement social. Cela fait partie également d'un sujet qu'on aborde dans notre document, pour dire que les élus locaux ont un rôle d'ambassadeur du logement social, de pouvoir expliquer pour qui il est destiné, de pouvoir penser des opérations de logements sociaux qui sont acceptables. 

Effectivement, cette loi SRU est vraiment un pilier pour nous, parce que c'est aussi sur cette loi que les élus s'appuient pour légitimer le logement social. On a vu des territoires, dans le cadre de notre étude, qui ont, grâce à cela, permis de relancer la production.

L'invité du jour ©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
L'invité du jour (Ardèche-Drôme)
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