Face à l'afflux de touristes sur les sites naturels en Auvergne, l'OFB augmente ses contrôles
En ce mois de mai, l'Office français de la biodiversité relance sa campagne de contrôle et de prévention sur les sites naturels. Les conflits d'usage et les incivilités sont à la hausse, avec des touristes de plus en plus nombreux à profiter des espaces naturels offerts en Auvergne. On fait le point avec Christophe Demeure, chef du service départemental de l'OFB dans le Puy-de-Dôme. Il est l'invité des radios RCF en Auvergne.
Christophe Demeure, chef du service départemental de l'OFB dans le Puy-de-DômeLe mois de mai et ses longs week-ends sont propices aux randonnées dans les magnifiques paysages auvergnats. À l'heure où le printemps est bien installé, l'Office français de la biodiversité augmente ses contrôles pour combattre les incivilités et apaiser les conflits d'usage. Tour d'horizon des enjeux avec Christophe Demeure, chef du service départemental de l'OFB dans le Puy-de-Dôme, est l'invité des radios RCF en Auvergne.
Contrôler les différents "usages de la nature"
Ces contrôles sur "les usages de la nature", s'expliquent par le fait que "de plus en plus de Français aiment aller sur des sites naturels d'exception", explique Christophe Demeure. Les 17 agents du Puy-de-Dôme mèneront une dizaine d'opérations durant ce mois de mai, souvent en coordination avec les gendarmes ou la police municipale, sur les principaux sites naturels du territoire : les sites naturels de Chastreix et de Chaufour, le parc naturel des Volcans d'Auvergne, les sites Natura 2000, les espaces naturels sensibles…
Le département du Puy-de-Dôme est en première ligne
Ils contrôleront et sanctionneront tout comportement ayant un "impact sur la faune et la flore" : bivouac, camping sauvage, feu non approprié, chiens non tenus en laisse, motos ou quad dans les chemins, non-respect d'arrêtés de protection de la nature… Des incivilités en augmentation ces dernières années selon le chef du service départemental de l'OFB dans le Puy-de-Dôme : "avec l'envie des urbains d'aller se mettre au vert, on est plutôt sur une tendance à la hausse".
Le bon réflexe : "bien se renseigner"
La bonne attitude à adopter avant de partir se balader sur un site naturel, c'est de "se renseigner sur ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas". Par exemple, de "respecter les chemins balisés", pour éviter de marcher sur des espèces protégées de fleurs ou sur une zone de nidification. Idem, il faut se renseigner avant de monter son bivouac ou d'entamer une cueillette ou une partie de pêche. Souvent des indications sont "marquées sur des pictogrammes à l'entrée des différentes réserves" ou des espaces naturels.
La perturbation d'une espèce protégée est aussi une infraction
D'autant que la période du printemps est cruciale pour les espèces. Exemple, c'est en ce moment la "période de nidification d'un certain nombre de rapaces comme les faucons pèlerins", certains parcours sont interdits sur les sites d'escalade pour protéger les nids. "La perturbation d'une espèce protégée est aussi une infraction", prévient Christophe Demeure.
Une "interdiction globale" du feu
Autre risque important : le risque incendie. Il est évidemment important de ne "pas être à proximité d'une zone boisée", avant d'allumer un feu. Il y a une "interdiction globale" sur la plupart des zones protégées, précise le chef de service de l'OFB dans le Puy-de-Dôme. Christophe Demeure ajoute : "on invite souvent les randonneurs à utiliser des petits réchauds ou des petites choses pour se faire à manger quelque chose de chaud".
Un travail conjoint avec l'Office national des forêts est mené face au risque incendie. Faire un feu "a un côté sympathique mais souvent les conséquences peuvent être dramatiques", rappelle Christophe Demeure.
La plupart des gens voient très clairement les impacts du changement climatique
Cependant une prise de conscience s'opère dans la population, aujourd'hui "la plupart des gens voient très clairement les impacts du changement climatique". Les phénomènes extrêmes sont plus fréquents et plus intenses : crues, orages ou encore feux de forêts favorisés par une "végétation de plus en plus sèche de plus en plus tôt".
Un an après l'incendie, une attention particulière à la réserve de Chastreix-Sancy
Cette année, les agents de l'OFB seront particulièrement attentifs à la la réserve naturelle nationale de Chastreix-Sancy, suite à l'incendie qui a détruit près de 200 hectares de végétation l'an passé. Un "départ de feu lié à une activité humaine", précise Christophe Demeure. Les flammes ont surtout détruit des "prairies sèches" avec des conséquences sur la faune et la flore.
Le temps est "à la concertation et au dialogue" avec la Chambre d'agriculture
Les agents de l'OFB seront présents sur les sites naturels sensibles, mais leurs missions ne font pas toujours l'unanimité. Ces dernières années, l'Office français de la biodiversité a fait l'objet de mises en cause de la part de syndicats agricoles ou d'hommes politiques, à l'image du président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabrice Pannekoucke, ou du député de Haute-Loire, Laurent Wauquiez. Les choses semblent aujourd'hui plus apaisées.
Dans le Puy-de-Dôme, "notre vision des choses est vraiment à la concertation et au dialogue permanent avec l'ensemble des acteurs agricoles", assure Christophe Demeure. Il explique qu'un travail est mené "en étroite collaboration" avec la chambre d'agriculture pour essayer "d'anticiper les problématiques et d'avoir le dialogue le plus constructif possible".


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