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EVANGILE DU 14 JUIN DAVID BUICK
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EVANGILE DU 14 JUIN DAVID BUICK

RCF Rennes,  -  Modifié le 14 juin 2021
Temps spirituel (Rennes) EVANGILE DU 14 JUIN DAVID BUICK
Mt 5, 38-42
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 « Œil pour œil, dent pour dent », cela fait partie des petites phrases dans la Bible qui ont perduré dans le langage courant jusqu’à nos jours. Le plus souvent, on entend par là qu’on a le droit de rendre à son agresseur la monnaie de sa pièce. Du coup c’est un excellent exemple de l’effet pervers d’une loi, car au départ, ce principe était destiné non pas à établir un droit de rétorsion mais au contraire à limiter la riposte de sorte qu’elle ne dépasse pas le tort initial. De plus, dans la loi de Moïse, ce dispositif était à appliquer par des juges et non pas directement par les intéressés (Ex 21 :22-24) ; pas question donc d’invoquer cette loi pour faire justice soi-même. Loin de justifier une réaction violente, elle cherche à stopper le cycle sans fin de la vengeance avant même que celui-ci ne soit entamé. Ce n’est pas que Dieu est indifférent à notre désir de nous venger, mais surtout qu’il sait que ce désir est en réalité impossible à assouvir. S’abstenir de la vengeance, ce n’est pas donner raison à l’autre, c’est échapper à un engrenage destructeur pour soimême comme pour d’autres. C’est bien pour cela que Jésus souligne que contrairement à ce qu’on aime bien imaginer, ce commandement ne constitue pas une injonction à riposter. Ce rappel est déjà un peu difficile à digérer, mais le Seigneur est loin d’avoir fini sur le sujet. Non seulement il s’agirait de ne pas nous venger ; à entendre Jésus, il s’agirait même d’abonder dans le sens de notre agresseur ! Lui tendre l’autre joue ; lui indemniser plus qu’il ne demande en justice ; faire le double des travaux forcés ; et ainsi de suite. Faut-il prendre ces paroles au pied de la lettre ? Sans doute pas plus qu’il semble raisonnable de nous arracher un œil ou de nous couper la main en cas de péché, comme Jésus nous le dit ailleurs (Mt 18 :8-9). Mais nous ne pouvons pas simplement écarter ces propos pour autant. Qu’est-ce que Jésus avait bien pu vouloir nous dire par là ? Ce n’est pas une question facile à trancher en quelques minutes, mais l’encouragement précédant à ne pas riposter peut nous ouvrir une piste de réflexion pertinente. La démarché proposée par Jésus est à l’extrême opposé de la vengeance : les actions qu’il évoque semble conçues pour désamorcer un cercle vicieux et instaurer un cercle vertueux à la place. Combien de fois dans les Evangiles Jésus déjoue les attentes, réduit à néant les tentatives de le piéger, s’affranchit des mailles du filet par un geste, une question, une parole totalement inattendue qui fait mouche. Il ne rentre pas dans le jeu de ses adversaires, sans leur opposer de violence et sans devenir leur victime. Ses propos, et son exemple, nous ouvrent une voie pour confondre nos oppresseurs en étant animés d’un esprit qui leur est diamétralement opposé. Et justement, Jésus nous promet de nous en donner, « pas comme le monde donne » (Jn 14 :27) ; il nous promet son Saint-Esprit pour nous apprendre à vivre autrement, avec lui et par lui. 

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