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ENTRETIEN: Les Jeux Olympiques, "une cicatrice qui n'est pas cousue" pour Renaud Muselier

ENTRETIEN: Les Jeux Olympiques, "une cicatrice qui n'est pas cousue" pour Renaud Muselier

Un article rédigé par Stèvelan Chaizy-Gostovitch - RCF Nice Côte d'Azur, le 8 juillet 2026 - Modifié le 8 juillet 2026

Le président de la Région Sud est en déplacement à Villeneuve-Loubet ce 8 juillet 2026. Il inaugure un centre nautique flambant neuf: un héritage des jeux de Paris 2024, à quelques kilomètres de Nice, ville déchue de sa place aux JO d'hiver de 2030. 

Renaud Muselier le 8 juillet 2026 à Villeneuve-Loubet - RCFRenaud Muselier le 8 juillet 2026 à Villeneuve-Loubet - RCF

RCF : Vous allez quitter bientôt la région Provence-Alpes-Côte d'Azur pour le Sénat, une région Sud où vous vous êtes battu notamment pour les Jeux Olympiques...

Renaud Muselier : Je ne quitte pas la région, je quitte la présidence de la Région, ce qui n'est pas tout à fait pareil. Donc je resterai conseiller régional avec une spécialité qui est bien entendu les Jeux Olympiques. Et bien sûr je m'occuperai du département des Bouches-du-Rhône en tant que sénateur.

RCF : Donc vous partez au Sénat aussi au service de la Région ?

Renaud Muselier : Je pars au Sénat au service d'une logique qui est la mienne depuis longtemps. On n'a plus le cumul des mandats. Je trouve que la démarche parlementaire nationale n'est quand même pas au niveau surtout à l'Assemblée d'ailleurs. Au Sénat c'est quand même plus équilibré avec des débats qui sont plus construits et qui sont à mon avis plus positifs pour le fonctionnement de la démocratie et de la République. 

Le Sénat: une démarche de politique nationale mais au service du territoire 

À l'Assemblée, c'est une foire d'empoigne où on dit n'importe quoi et le fait de ne pas avoir ce cumul des mandats fait en sorte qu'il y a quand même une perte de compétences importantes. Donc je vais essayer, compte tenu de mon expérience déjà ancienne, d'apporter une compétence complémentaire pour les territoires. Dans cette compétence complémentaire pour les territoires, j'ai le savoir-faire, j'ai l'expérience, je suis vice-président de Régions de France, j'ai été président de Régions de France. Ça servira bien sûr nos élus, nos maires pour qu'on ramène un peu de bon sens dans les lois votées au niveau national. Donc ça c'est ma démarche qui est une démarche de politique nationale mais au service du territoire.

RCF : Comment vous vivez l'épisode tumultueux des Jeux Olympiques de 2030 ? 

Renaud Muselier : vous mettez le doigt sur ce qui fait mal, sur une cicatrice qui n'est pas cousue. Quand on a les Jeux Olympiques, quand on a le pôle olympique sur sa métropole avec 60 % de la billetterie, que vous allez avoir les stades de hockey masculin et féminin remplis, les stades de patinoire artistique pleins, la discipline supplémentaire sur le patinage artistique... En plus, quand vous ne voulez pas de ça et que quelque part vous vous amputez sur le territoire d'un investissement potentiel ou de retombées économiques qui sont chiffrées entre 800 millions et 1 milliard d'euros, je ne l'admets pas.

Se priver des Jeux est quelque chose qui me sidère

RCF : Il y a eu des retombées après les Jeux Olympiques de 2024 ?

Renaud Muselier : Regardez ici, à Villeneuve Loubet, vous avez aujourd'hui le plan voile qui a été rapporté avec le soutien de l'État par la Région dans le cadre des Jeux Olympiques d'été qu'on a eu puisqu'on a eu la voile et donc c'est quand même 37 millions d'euros qui ont été investis. Ici, on a un club neuf parce que c'est plus de 200 000 € qui ont été investis. C'est pour les enfants, c'est pour la mer, c'est pour l'apprentissage, c'est pour les champions qui font de la voile. Et donc se priver de ça est quelque chose qui me sidère. Le monde entier se bat pour les Jeux Olympiques. Nous, on les avait. J'étais allé les chercher de force et on n'en veut pas, on ne peut pas le faire contre les élus locaux. Vous aviez le complexe omnisports olympique qui allait être fait, payé par les autres, pas par les Niçois. Vous alliez avoir le village olympique, 400 logements, qui allait être fait, payé par qui ? Par les autres. Vous alliez avoir le pôle de glace où vous avez des grands champions ici à Nice.
 

RCF : De son côté, Eric ciotti dit à ses militants qu'il tient ses promesses. 

Renaud Muselier : Je comprends. C'est très bien que l'on puisse parler à ses militants, mais quand on est une ville qui est la 5ème de France, on a une vision un peu mondiale. On allait remplir tous les hôtels pendant le mois de février jusqu'à preuve du contraire. Tous les marchés qui étaient lancés, c'était pour les entreprises locales: c'est fini ça. Vous aviez les marchés de commande pleins pour la totalité des entreprises régionales, de l'artisan et du commerçant en passant par l'économie sociale et solidaire jusqu'aux grands groupes. C'est un gâchis incroyable.

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