Entre Trump et Netanyahu, une relation de plus en plus fragile
Des divergences stratégiques fragilisent les relations entre le président américain et le dirigeant israélien. Les offensives militaires de Tsahal s'opposent parfois à la volonté américaine de contenir l’escalade au Moyen-Orient. Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), analyse les désaccords entre Donald Trump et Benyamin Netanyahu.
Pascal Boniface / DRAprès plusieurs semaines de combats violents au Liban, Israël tente toujours d’éradiquer le Hezbollah. Malgré la mise en œuvre d’un cessez-le-feu entre le Liban et Israël dans la nuit du 3 au 4 juin, Israël et le Hezbollah semblent avoir refusé de cesser leurs attaques respectives. Les deux camps ont ainsi ignoré ledit cessez-le-feu.
Un cessez-le-feu déjà mis à l’épreuve
Le cessez-le-feu a été mis en place à la suite d’un appel téléphonique entre Donald Trump et Benyamin Netanyahu. Au cours de cet appel, le président américain ordonnait à Netanyahu de "ne pas bombarder Beyrouth" et l’accusait d’entraver toute négociation avec l’Iran, précise Pascal Boniface.
Cette situation, qui alimente les frustrations de Donald Trump à l’égard de son homologue israélien, contribue à lier les conflits en Iran et au Liban. "Les deux conflits sont un petit peu imbriqués”, affirme Pascal Boniface. Ce conflit sur plusieurs fronts entraîne aussi la fragilité du cessez-le-feu mis en place. "Le Liban et Israël peuvent se mettre d'accord” mais, “c'est plus difficile que le Hezbollah et Israël se mettent d'accord”, soutient le directeur de l'IRIS.
L’illusion d’une guerre brève
Au mois de février 2026, Benyamin Netanyahu et Donald Trump s’étaient engagés ensemble dans le conflit contre l’Iran. Mais les intérêts des deux hommes ne convergent plus : Donald Trump souhaite maintenant engager des négociations avec le gouvernement iranien. Benyamin Netanyahu concentre davantage son attention sur le conflit qui l’oppose au Liban.
"Trump estime qu’il a été berné par Netanyahu, qui lui a vendu, le 11 février, un scénario rose", affirme Pascal Boniface. Le dirigeant israélien lui aurait en effet assuré que ces bombardements suffiraient à faire tomber rapidement le régime iranien, avec à la clef une victoire spectaculaire contre l’Iran, une victoire qu’aucun de ses prédécesseurs n’était parvenu à obtenir. Le président américain se retrouve finalement "dans un piège depuis plus de trois mois, et il ne sait pas comment en sortir”, souligne Pascal Boniface.
Considérant l’importance stratégique du détroit d’Ormuz, Pascal Boniface précise que Donald Trump, "confronté à la colère de sa population" et soucieux de son image, n’a plus les cartes en main. L’Iran est désormais en position de force, malgré la puissance américaine.


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