Enseignement catholique : "Il faut qu'on aille à la rencontre des talents et des vertus des jeunes", affirme Guillaume Prévost
L'Enseignement catholique est sous pression. Après les révélations autour de l'affaire "Bétharram", comment reconstruire la confiance entre les familles, les enseignants et les institutions françaises ? Guillaume Prévost, secrétaire général de l'Enseignement catholique, défend une école plus attentive aux personnes.
Guillaume Prevost, secrétaire générale de l'enseignement catholique ©DRIl fait très chaud dans les salles d'examen cette année. Le ministre de l'Education Nationale, Édouard Geffray, ne veut plus d'épreuves du baccalauréat l'après-midi, pour s'adapter aux changements climatiques.
L'attente des familles
Derrière ce débat Guillaume Prévost, invité de la matinale RCF Notre Dame, voit surtout une attente plus importante : celle des familles. « Au-delà des diplômes, des disciplines, il y a une attente forte des parents en termes de bien-être pour leurs enfants », explique le secrétaire général de l'Enseignement catholique.
« Il faut entendre cette aspiration qu'ont les parents pour leurs enfants d'être bien à l'école », poursuit-il. Le système scolaire, marqué par une culture trop verticale ? « L'école, ça ne peut pas être des règles édictées depuis Paris qui s'abattent de façon indifférente à Brest, Marseille ou Toulouse », estime Guillaume Prévost.
L'école répond-elle encore aux attentes de la société ?
La course aux diplômes ne garantit plus forcément une orientation réussie. « 80 % d'une génération obtient aujourd'hui le baccalauréat, 50% poursuit dans le supérieur et un quart atteint le niveau master », rappelle Guillaume Prévost. Pourtant, « la moitié des jeunes sortis de l'école à 21 ans se réorientent immédiatement », constate-t-il encore.
Il faut qu'on aille à la rencontre des talents et des vertus des jeunes
Le problème est moins le niveau scolaire que la cohérence entre les parcours proposés et les aspirations des élèves. « Il faut qu'on aille à la rencontre des talents et des vertus des jeunes », déclare-t-il.
En février 2025, lors d'une audition au Sénat consacrée à l'orientation des jeunes, le président de l'association Article 1, Frédéric Bardeau, plaidait lui-même pour une meilleure prise en compte des aspirations individuelles des jeunes.
À l'inverse, en juin 2025, l'ancienne ministre de l'Éducation nationale, Élisabeth Borne défendait encore l'objectif d'élévation du niveau de qualification des jeunes Français. Selon les dernières données de l'Insee, le taux de chômage des diplômés du supérieur demeure plusieurs fois inférieur à celui des personnes sans diplôme. En 2021, 14,4 % des personnes n'ayant aucun diplôme étaient au chômage, contre 5,3 % de celles qui disposaient d'un niveau supérieur à bac + 2.
L'après-Bétharram
Au delà de l'orientation des jeunes, c'est sur la question des violences que Guillaume Prévost développe sa réflexion la plus forte. Face aux révélations qui ont touché l'enseignement catholique ces derniers mois, il insiste sur la nécessité d'accompagner les victimes : « Quand on porte une souffrance, il y a une exigence de lumière. C'est par la lumière qu'on se relève ».
Surtout qu'il reprend là un terme popularisé par le rapport Sauvé : celui de « systémie ». « Ce sont des violences systémiques », explique-t-il, elles ne relèvent pas seulement de quelques individus isolés. Elles « font système », révèle le SGEC. D'où le fait que « le véritable enjeu, c'est de passer de "tu es coupable" à "nous sommes responsables" », affirme-t-il.
Le but, ce n'est pas le contrôle. Le but, c'est la qualité
Néanmoins, la position de Guillaume Prévost ne vise pas à effacer la responsabilité pénale des auteurs : « Les coupables doivent payer pour leurs crimes », précise-t-il. Cependant, elle pose une autre question qui revient sans cesse : comment éviter que ces violences se reproduisent ? Pour Guillaume Prévost, la réponse passe par davantage de contrôle, mais également par davantage de confiance. « Le but, ce n'est pas le contrôle. Le but, c'est la qualité », avance-t-il.
Reste à savoir si la responsabilité collective dont fait appel Guillaume Prévost, suffira à convaincre des victimes toujours dans l'attente que toute la lumière soit faite.


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