Encadrer les marges et une baisse immédiate de la TVA" : la proposition du député puydomois, Julien Brugerolles, pour une baisse des prix du carburant
Les prix des carburants sont toujours aussi hauts à la pompe en Auvergne. Le député communiste du Puy-de-Dôme, Julien Brugerolles, vient de déposer une proposition de loi pour réduire les marges des pétroliers et baisser la TVA. Il se mobilise également sur le maintien des classes et reprend son tour des communes de sa circonscription, à l'est du département. Julien Brugerolles est l'invité des radios RCF en Auvergne.
Le député communiste du Puy-de-Dôme, Julien Brugerolle, défend la baisse des prix des carburants par l'encadrement des marges et la baisse de la TVA. ©Corinne Ould'AmeurC'est le dernier élu auvergnat en date à être arrivé sur les bancs de l'Assemblée nationale. Il y a un an, Julien Brugerolles succédait à André Chassaigne comme député de la 5ème circonscription du Puy-de-Dôme, celle de Thiers et d'Ambert. Un hémicycle sans majorité stable où faire avancer les choses "parfois ça prend du temps, parfois il y a des heurts, des échanges tendus". Malgré cela, le député communiste et membre du groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine se mobilise pour la baisse du prix des carburants, le maintien des classes en zone rurale. Julien Brugerolles est l'invité de radios RCF en Auvergne.
Prix du carburant : "des surmarges pratiquées par les pétroliers et les distributeurs"
"Député d'une circonscription très rurale où la voiture est indispensable", le député tance l'exécutif : "la stratégie du gouvernement a été d'attendre". Le soutien aux professionnels dépendants de leur voiture ? Une "petite série de mesurettes", ajoute Julien Brugerolles, "rien n'aura un impact direct pour faire baisser les prix".
Or, les prix à la pompe sont "énormes et exagérés" et s'expliquent par "des surmarges pratiquées par les pétroliers et les distributeurs". À cela s'ajoute la volonté gouvernementale de ne pas taxer ces entreprises pour le député : "pour l'instant le gouvernement ne veut pas s'attaquer à ses surmarges".
Encadrer les marges et une baisse immédiate de la TVA à 5,5% pendant 6 mois
Face à ce constat, les députés communistes viennent de déposer une proposition de loi, dont il est le premier signataire. Le texte propose "d'encadrer les marges" et de "faire baisser immédiatement les taxes" avec "une baisse immédiate de la TVA à 5,5% pendant 6 mois". Cette baisse de TVA engendrerait un manque à gagner pour les finances publiques qui pourrait être compensé par "une taxe sur les surprofits" des pétroliers.
Des pétroliers qui "ne sont pas mis à contribution alors qu'ils continuent de s'engraisser - au sens propre - sur le dos des usagers et du conflit en Iran". Avec l'exemple de Total, le géant français du secteur, qui "a stocké énormément de pétrole à prix bas avant la crise pour le rendre à prix très important". "Le gouvernement refuse d'agir contre les grandes sociétés pétrolières et c'est absolument insupportable", conclut le député puydomois.
Sortir de cette dépendance au pétrole, aux hydrocarbures et au gaz
Face à une situation qui risque de durer, Julien Burgerolles propose une "clause de revoyure tous les 6 mois" à cette proposition de loi des députés communistes. Sur le long terme, il faut "sortir de cette dépendance au pétrole, aux hydrocarbures et au gaz" et pour cela "accélérer l'électrification des usages" : soutien à l'achat de véhicules électriques, aux pompes à chaleur et aide aux entreprises.
Le Premier ministre vient d'annoncer un plan de 10 milliards d'euros par an pour l'électrification. Mais Julien Burgerolles dénonce la baisse des crédits dédiés à l'électrification dans le budget 2026. Il parle aujourd'hui d'une contraction de l'exécutif : "On ne peut pas d'un côté dire qu'il faut accélérer et d'un autre avoir voté un budget qui a la pédale sur le frein".
Des "pratiques spéculatives" sur le GNR
Même constat pour le monde agricole avec la forte hausse des prix du carburant non routier et des engrais. Avec une taxe sur les "pratiques spéculatives", Julien Brugerolles voit une "marge de manœuvre pour faire baisser légèrement le prix du GNR [gazole non routier]".
En parallèle, il demande l'étude "d'un soutien temporaire, sur aide d'État, aux agriculteurs pour les aider à passer le cap". L'aide de "quelques millions [d'euros] du gouvernement" est insuffisante car prise sur les financements déjà votés. Pour le député, le gouvernement tient trop à défendre le "totem du budget qui a été voté".
Il faut savoir s'adapter pour ne pas contraindre l'activité économique
Or, il faut réagir vite pour Julien Brugerolles : "En période de crise, il faut savoir s'adapter pour ne pas contraindre l'activité économique". S'il n'y a "pas de soutien, au moins temporaire, pour faire baisser les prix", la conséquence serait "une baisse de l'activité et la richesse produite" et in fine "une baisse des recettes fiscales".
Carte scolaire : "il faut que les mobilisations se poursuivent"
Autre souci d'inquiétude en Auvergne : la future carte scolaire. Plusieurs classes d'écoles de la 5ème circonscription risquent la fermeture. Le député pointe l'intransigeance du Rectorat qui "a sans doute eu des consignes de fermeté de la part du ministère". Là aussi, le problème vient du budget de l'État. Selon lui, c'est le résultat d'une "enveloppe nationale qui prévoit la suppression de 3.500 postes".
"Quand on ne donne pas de moyens suffisants à l'école, ensuite on ferme des classes sur les territoires", constate Julien Brugerolles. "Il faut que les mobilisations se poursuivent", notamment pour sauver des classes dans certaines écoles avec parfois un nombre d'élèves équivalent, et même en hausse "dans certains collèges et lycées".
Perdre une classe ou une école, c'est moins d'attractivité pour les communes : "l'école c'est la vie de nos territoires, de nos communes".
Je suis obsédé par le fait que le député puisse être accessible
La première décision de Julien Brugerolles comme député fut d'entamer un tour des communes de sa circonscription. 132 au total. Après une trentaine de réunions, et une pause durant la campagne des municipales, il reprend son bâton de député vendredi 17 avril avec un premier rendez-vous à 18 heures à la salle des fêtes de Saint-Clément-de-Valorgue, suivi d'un second à 20 heures à celle de Saint-Anthème.
"Je suis obsédé par le fait que le député puisse être accessible et au contact de la population", explique-t-il. Lors de ses rencontres, tous les sujets sont abordés : l'actualité, l'Assemblée nationale et "les sujets qui touchent directement la ruralité" et ses habitants. "L'accès aux services publics", "le manque de médecins" ou encore "l'accès au réseau avec le déploiement de la fibre" reviennent constamment.
Julien Burgerolles tient à ce qu'une "suite qui soit donnée à ses réunions" et se sert de ses témoignages : "ça me nourrit dans l'activité parlementaire au quotidien pour essayer d'interpeller le gouvernement et de faire avancer les choses à l'Assemblée nationale". Une activité à l'Assemblée qui s'annonce riche dans les prochaines semaines.


Chaque jour à 6h35 et 7h33, rencontre avec un acteur auvergnat qui fait l'actualité.



