JavaScript is required
Accueil
En France, la diaspora iranienne déchirée face à la guerre

En France, la diaspora iranienne déchirée face à la guerre

Un article rédigé par Melchior Gormand - RCF, le 18 mars 2026 - Modifié le 18 mars 2026
On va se parlerEn France, la diaspora iranienne face à une guerre qui inquiète et qui divise

À des milliers de kilomètres de Téhéran, la diaspora iranienne en France suit avec angoisse la guerre au Moyen-Orient. Entre inquiétude pour leurs proches et visions divergentes sur l’intervention militaire, cette communauté se retrouve profondément divisée. Deux voix franco-iraniennes se distinguent : Cyrus, favorable à une aide internationale pour renverser le régime, et Timothée Amini, pacifiste et partisan d’une résistance interne non violente.

Manifestation à Paris  © Laure Boyer / Hans LucasManifestation à Paris © Laure Boyer / Hans Lucas

Depuis le début du conflit impliquant Israël et les États-Unis, les Iraniens de France vivent chaque escalade comme une épreuve personnelle. Les communications avec leurs familles sont limitées et la peur pour la vie de leurs proches constante. Dans ce contexte, les opinions divergent sur la meilleure façon d’agir : certains voient dans l’intervention étrangère un espoir pour mettre fin à la répression, tandis que d’autres craignent que la violence ne fasse qu’aggraver la situation.

La peur au quotidien pour des proches à des milliers de kilomètres

Pour Cyrus, arrivé en France dans les années 1980, l’inquiétude est permanente. "Je n’ai pas de nouvelles de ma famille depuis plus de deux semaines et demie", confie-t-il. Selon lui, le peuple iranien, bien que courageux, subit depuis des décennies une répression systématique : "Depuis 47 ans, les gens sont massacrés dans les rues ou dans les prisons, et il n’y avait pas d’aide". Cyrus estime que l’intervention d’Israël et des États-Unis constitue un dernier espoir pour protéger les civils et mettre fin à la répression du régime islamique. "Les risques, vous savez, les gens savent exactement ce qu’il faut faire… pour l’instant, il n’y a pas eu de problème. Les personnes touchées, ce sont les répressifs, pas les civils", précise-t-il. 

Je n’ai pas de nouvelles de ma famille depuis plus de deux semaines et demie.

Mais les informations sont difficilement vérifiables sur le terrain. D'après les chiffres de l'agence de presse officielle iranienne, plus de 1.000 civils iraniens ont été tués depuis le début de l'intervention américano-israélienne, avec plus de 10.000 blessés. L’accès à l’information reste limité, et la communication avec les proches se fait au compte-gouttes. Pour Cyrus, cette intervention internationale pourrait constituer un soulagement pour les familles endeuillées et une chance de mettre fin à la tyrannie.

Une communauté divisée entre pacifisme et intervention

À l’opposé de cette vision, Timothée Amini, franco-iranien réfugié à Lyon et ancien prisonnier à Téhéran pour ses activités religieuses, adopte un point de vue pacifiste. Il rappelle que toute intervention militaire comporte des risques considérables : "On ne règle pas une catastrophe par une autre catastrophe. La limite, c’est la vie des gens". Pour lui, la violence extérieure ne garantit pas la chute du régime. "Quand on donne complètement sa capacité à agir à un pays étranger, en pensant que ce sont eux qui nous libèrent, on cesse d’être acteur de son destin", explique-t-il. Timothée insiste sur l’importance de la résistance pacifique, comme celle qui a permis aux femmes iraniennes de retirer le voile dans les manifestations de 2022-2023, symbole d’un progrès culturel obtenu sans aide militaire extérieure, après l'assassinat de Mahsa Amini. 

On ne règle pas une catastrophe par une autre catastrophe. La limite, c’est la vie des gens.

La diaspora iranienne en France reflète cette polarisation : certains plaident pour l’intervention internationale, d’autres pour des méthodes pacifiques. Pour Timothée Amini, "la communion au sein de la diaspora doit venir de l’amour pour la patrie, pas de la division sur les méthodes". La question de savoir comment protéger la vie des civils tout en soutenant le changement demeure au cœur des débats, illustrant à quel point cette guerre divise profondément la communauté iranienne, même à l’étranger.

On va se parler avec Melchior Gormand ©RCF NOTRE DAME
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
On va se parler
On va se parler avec Melchior Gormand ©RCF NOTRE DAME
Découvrir cette émission
Cet article vous a plu ? Partagez-le :

Pour aller plus loin

Suivez l’actualité nationale et régionale chaque jour

Votre Radio vit grâce à vos dons

Nous sommes un média associatif et professionnel.
Pour préserver la qualité de nos programmes et notre indépendance, nous comptons sur la mobilisation  de tous nos auditeurs. Vous aussi participez à son financement !

Faire un don
Qui sommes-nous ?

RCF NOTRE DAME, la radio chrétienne.

RCF NOTRE DAME est née de la rencontre de deux grandes voix de la radio chrétienne en France : RCF et Radio Notre Dame.

Écoutée chaque semaine par 1 350 000 personnes, RCF NOTRE DAME propose une information rigoureuse, des débats exigeants et des programmes qui donnent du sens. Le réseau rassemble 65 radios locales et diffuse ses programmes sur 270 fréquences en France et en Belgique.

Reconnues d'intérêt général, les radios associatives du réseau RCF NOTRE DAME vivent essentiellement grâce aux dons de leurs auditeurs.