Élections municipales en Gironde : "les femmes se représentent moins que les hommes après un premier mandat"
Nouveauté, les élections municipales de 2026 sont les premières entièrement paritaires. Toutes les communes de Gironde, même les plus petites, présentent des listes qui respectent l'alternance femme/homme. Une avancée loin de régler les problèmes que rencontrent les femmes politiques dans leur engagement, selon Camille Barbe, doctorante en droit à l’université de Bordeaux.
Image d'illustration, en France plus de trois quarts des listes des municipales 2026 sont menées par un homme, Photo de Lucas Lemoine sur Unsplash.25 ans après la première loi sur la parité de 2001, toutes les communes doivent présenter pour les élections municipales de 2026 des listes paritaires. Même les plus petites villes de Gironde respectent donc l'alternance femme/homme cette année. Est-ce de nature à changer la politique et à féminiser les mairies, alors que nous votons pour le scrutin municipal les 15 et 22 mars 2026 ?
RCF Bordeaux a posé ces questions sur la place des femmes en politique à Camille Barbe, doctorante en droit à l’université de Bordeaux, spécialiste des questions de genre et de représentation politique.
Dans les communes paritaires, on arrivait presque à la parité dans les conseils municipaux
RCF Bordeaux : Quand on est une femme en 2026, est-ce qu'on a les mêmes chances d'être élue qu'un homme lors de ces élections municipales ?
Camille Barbe : En droit, il n'y a pas de doute sur l'égalité entre les femmes et les hommes dans l'accès aux mandats et aux fonctions électives. Par contre, dans la réalité on a des inégalités qui persistent dans la vie politique et des obstacles spécifiques auxquels font face les femmes quand elles veulent s'engager en politique et même au cours de leur vie politique. C'est même pour cela que les règles sur la parité ont été mises en place.
Alors, est-ce qu'on sait si la parité fonctionne et a un effet de féminisation des conseils municipaux ?
L'extension de la parité à toutes les communes, même celles de moins de 1 000 habitants (ce qui correspond à plus 70 % des communes), se justifie notamment par les écarts qu'on voyait en 2020 entre les communes qui appliquent la parité et les autres. Dans les communes paritaires, on arrivait presque à la parité dans les conseils municipaux, alors que dans les autres communes où il n'y avait d'obligation en vigueur, la part des femmes s'élevait à 37,6 % dans les conseils municipaux.
Les femmes se représentent moins que les hommes après un premier mandat
Et donc, la parité a-t-elle un effet sur les postes exécutifs et de maires en particulier ?
C'est la difficulté. La parité est assez efficace pour féminiser les conseils municipaux donc les organes représentatifs collectifs, mais il y a des limites quant aux fonctions de direction et de maires. Là, on voit encore que malgré l'application des règles de parité, il y a toujours une vraie surreprésentation des hommes.
En fait, la parité ne règle pas toutes les questions d'inégalité entre les femmes et les hommes et il faut aussi s'intéresser à la réalité des femmes en politique. Et là c'est beaucoup plus complexe... Quand on sait que les charges familiales pèsent davantage sur les femmes que sur les hommes, c'est plus complexe de mener une carrière politique en même temps. De même, on sait que les femmes vont être plus susceptibles de rencontrer des violences sexistes et sexuelles dans leur carrière politique.
Ces éléments viennent rendre la vie des femmes politiques plus difficile à mener que celle des hommes. Et on voit d'ailleurs que les femmes, généralement, se représentent moins que les hommes après avoir exercé un premier mandat. On ne peut donc pas se dire que c'est parce que les femmes abandonnent, mais on doit se demander ce qui pousse les femmes en tant que groupe à ne pas s'engager aussi longtemps dans la vie politique ? C'est justement parce qu'il y a ces différentes formes de difficultés et de violences durant leur vie politique.



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