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Dry January : en Haute-Loire, le sans alcool gagne du terrain… mais reste une affaire de niche

Dry January : en Haute-Loire, le sans alcool gagne du terrain… mais reste une affaire de niche

Un article rédigé par Julia Bay - RCF Haute-Loire, le 9 janvier 2026 - Modifié le 9 janvier 2026

Un mois sans une goutte d’alcool : chaque mois de janvier, le Dry January remet le sans alcool sur la table. En Haute-Loire, caves et brasseries voient monter la curiosité pour les vins désalcoolisés et les bières à 0,0… ou presque. Entre nouvelles habitudes de consommation, contraintes techniques, arguments de santé et sécurité routière : ce marché de niche progresse. 

Dans sa boutique, Vincent Molière nous présente un vin desalcoolisé, "La Bulle" qui fait sensation pour son côté pétillant ©Julia Bay RCF Haute-LoireDans sa boutique, Vincent Molière nous présente un vin desalcoolisé, "La Bulle" qui fait sensation pour son côté pétillant ©Julia Bay RCF Haute-Loire

« La demande est là, elle s’est accentuée » : dans sa cave du Puy-en-Velay, Vincent Molière a élargi ses étagères pour suivre cette nouvelle tendance. Depuis « un an et demi, deux ans », il propose une gamme de vins désalcoolisés pour ceux qui veulent trinquer sans alcool, surtout pendant le Dry January, mais aussi « pour divers problèmes de santé », souligne t-il.

Un nouveau réflexe de consommation encore minoritaire


En Haute-Loire, les ventes ne détrônent pas les classiques, mais le sans alcool s’installe. Vincent Molière le constate : « ça reste une vente anecdotique chez nous », parce que le vin reste « historique, culturel » en France. Pour autant, la demande, elle, se stabilise et se structure : Dry January agit comme un accélérateur, tout comme les profils de consommateurs qui reviennent souvent. « Ce sont des personnes avec des contraintes de santé, femmes enceintes, ou clients qui veulent simplement un mois plus léger », précise le gérant.

 

À Saint-Pal-de-Mons, même observation : le mouvement existe, mais avance par paliers. Raphaël Melki, à la cave Mondon, parle d’une demande « forte » portée par les raisons similaires à celles de la Cave Molière mais aussi par ceux qui veulent après les fêtes faire attention ». Résultat : il vend « régulièrement » des bouteilles, tout en rappelant que « la demande est plus forte dans les métropoles » qu’en Haute-Loire.

 

Les freins d’un marché qui se cherche


Le principal défi, c’est le produit. Pour le vin, enlever l’alcool ne se résume pas à “retirer” un élément.  « Le plus dur, c’est de garder de l’équilibre », explique Vincent Molière. « L’alcool amène de la rondeur, du gras. Quand on enlève l’alcool, on a des vins plus secs, avec plus d’acidité ». Pour assurer une qualité constante et maîtriser ces étapes sensibles, leurs produits viennent surtout de « La Maison Chavin », spécialisée dans la désalcoolisation.

 

Côté ventes, les habitudes se dessinent déjà. Raphaël Melki observe une hiérarchie : « le vin sans alcool qui se vend le mieux, c’est le blanc », pour son côté apéritif, plus facile à placer « convivialement ». Le rouge, plus « gastronomique », se vend différemment, plus occasionnel. Et derrière la tendance, il voit un potentiel, « je pense qu’il y a un vrai business aujourd’hui autour du sans alcool » à condition que la qualité continue de progresser.
 

« 500 000 à 1 000 000 d’euros » un mur économique


Pour les brasseries locales, le passage au 0,0 est une autre histoire. Florent Gillot, président de la brasserie Motueka, ne cache pas le frein : « On ne peut pas le produire à notre échelle ». La raison ? Le coût des équipements et les contraintes de production. « Les machines pour désalcooliser, on peut parler de 500 000 à 1 000 000 d’euros ». À ce niveau d’investissement, l’équation n’est rentable que pour des volumes importants. « C’est bien plus accessibles aux acteurs nationaux qu’aux petites structures artisanales », insiste t-il.

 

Et même quand on vise des bières plus légères, pour Florent Gillot, un autre sujet surgit : la conservation. « L’alcool protège naturellement nos produits », rappelle t-il. Sans lui, la bière se garde moins longtemps, les exigences d’hygiène et de sécurité alimentaire se renforcent, et il faut vendre plus vite, un risque quand « la demande, à mon échelle, est très faible ». En attendant, Motueka répond autrement à ceux qui veulent du “sans” : « On propose une limonade artisanale », et des bières plus faibles avec pas plus de 1 voire 2 degrés d’alcool pour l’été prochain. Breuvage à consommer avec modération.

 

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