Doriane, future baptisée : « Le mot espérance a résonné en moi comme un appel »
Ils sont 136. 136 adultes à avoir demandé le baptême cette année dans le diocèse d’Angers. Comme au niveau national, ce nombre progresse au fil des ans. Ils étaient 83 l’an passé et 58 en 2024. Un baptême que ces catéchumènes vont recevoir à l’occasion de Pâques. Ce sera le cas pour Doriane, 27 ans, qui recevra le baptême ce soir, lors de la Veillée Pascale.
Monseigneur Delmas avec une catéchumène lors de l'Appel décisif ©Mathilde Silva - Diocèse d'AngersRCF : Doriane, comment vous sentez-vous à quelques heures de votre baptême ?
Doriane : Eh bien, très impatiente. Le parcours a été long et en même temps rapide, ça a pris un an et demi. Donc il y a beaucoup d’attente et en même temps un peu d’appréhension. C’est des émotions qui se chamboulent un peu.
RCF : Ce baptême, vous allez recevoir ce soir lors de la veillée pascale de la paroisse Saint-Joseph à Angers, et petite particularité, vous allez être totalement immergée.
« Oui, c’est ça. C’est une symbolique que je trouve vraiment toute particulière, que je trouve très forte, de pouvoir finalement faire le grand plongeon et d’être dans une immersion totale. Je trouve que c’est un grand saut, et c’est trop chouette. L’eau nous recouvre complètement et on a l’impression d’être finalement une personne nouvelle, qui renaît finalement. »
RCF : Vous recevez ce baptême en tant qu'adulte. Votre famille est catholique ou de tradition chrétienne ?
« Pas du tout. Pour le coup, je n’ai pas grandi dans une famille catholique. Mes parents ont décidé de ne pas nous baptiser, dans l’idée que si on souhaite le faire un jour, on le peut. C’était plus ou moins tabou, on va dire. Ce n’était pas très engageant dans le fait de s’y intéresser. Donc non, je n’ai pas grandi là-dedans. »
RCF : Qu’est-ce qui vous a poussé à demander le baptême ?
« J’ai toujours eu des petites croyances un peu à moi, au fur et à mesure de ma vie et de comment j’ai grandi. J’ai rencontré mon conjoint il y a bientôt trois ans. Mon conjoint est catholique et il m’a grandement amenée à me questionner là-dessus, et finalement à trouver un peu un symbole, qui venait répondre à ces questionnements que je pouvais avoir et à ces croyances que j’avais, sans pouvoir finalement les identifier comme Dieu et la religion catholique.
Donc en fait, ça a été beaucoup de questionnements, beaucoup d’échanges ensemble, où je venais un peu le titiller parce que j’étais un petit peu dans le doute. Après, ça a été quelque chose de très impulsif, on peut vraiment appeler ça comme un appel du Seigneur à ce moment-là.
J’ai assisté à la cérémonie du décès d’un enfant qui avait trois ans. Cette cérémonie a été très touchante et très émouvante. En fait, le prêtre, lors de son homélie, a dit quelque chose qui m’a grandement touchée sur la notion de l’espérance, et ça me parle tout particulièrement.
Une fois sortie de l’église, qui était très belle en plus, ça a été instantané : j’ai appelé la paroisse Saint-Joseph et j’ai demandé le baptême. »
Le mot "Espérance" m'a touchée et fait partie désormais de ma foi au quotidien
RCF : Ce sont ces mots-là, ces mots d’espérance, qui ont résonné en vous ?
« Oui, complètement. Il a dit — je m’en souviens encore — : « Je ne souhaite pas que vous ressortiez de cette église avec la certitude que Dieu existe et que vous êtes croyants, mais en tout cas avec l’espérance qu’Il existe et de la vie éternelle. »
En fait, c’est vraiment le mot « espérance » qui m’a touchée et qui vraiment fait partie de ma foi aujourd’hui, et qui m’éveille au quotidien. »
RCF : Ça a surpris votre conjoint ?
« Oui, parce qu’en fait, il pensait que j’allais prendre plus de temps. Et en fait, ça l’a lui-même amené à demander sa confirmation, parce que mon conjoint est baptisé, mais pas confirmé. Donc on va se faire confirmer tous les deux à la Pentecôte. »
RCF : Ce chemin, vous l’avez dit, ça vous a pris un an et demi, deux ans. Ce n’est pas trop long de cheminer vers le baptême pendant toutes ces semaines, tous ces mois ?
« En fait, ça paraît long comme ça, quand on nous dit qu’on va faire un an et demi, deux ans de parcours et de cheminement. Mais en fait, c’est passé à une vitesse folle. Et je pense que c’est nécessaire en plus, parce que ça nous permet vraiment de cheminer ensemble.
Nous, on était un petit groupe de quatre catéchumènes et de deux accompagnatrices. Et en fait, on se voyait une fois par mois, puis deux fois par mois, quand on a eu vraiment soif d’enseignement et de la parole de Dieu. Et l’arrivée du baptême, c’est autant un point marqué sur ce parcours comme une fin, mais qui marque aussi le début d’un chemin encore plus grand et encore plus lointain. »
J'avais ces stéréotypes sur l'image de l'Eglise catholique, mais ils ne sont pas significatifs de ce que sont vraiment les catholiques.
RCF : L’image de l’Église catholique ne vous a pas fait peur ? Une image vieillissante, sans oublier tous les scandales, les abus sexuels, les violences, qui entachent l’image de l’Église catholique...
« Je vous avoue que je voyais vraiment l’Église catholique dans des stéréotypes que j’avais quand j’étais plus jeune, et forcément dans l’environnement dans lequel j’ai grandi, que ce soit familial, scolaire ou mon entourage. Mais le cadre de l’Église catholique, je le trouve beau, je le trouve plein de sens. Et c’est en ça aussi que je me suis dirigée vers elle.
Donc les scandales, oui, bien sûr, bien évidemment qu’ils sont là. Et on ne peut pas les oublier, ça c’est sûr. Mais ils ne sont pas significatifs de vraiment ce que l’Église représente et de ce que les catholiques sont. »
RCF : Comment a réagi votre famille par rapport à votre demande de baptême ?
« Oh, qu’est-ce que j’ai appréhendé ! Mais en fait, je pensais que mon père allait être le plus réticent, parce que c’était vraiment celui qui avait le moins d'attirance pour l’Église catholique ou la religion en règle générale.
Et en fait, il a été extrêmement ému quand je lui ai annoncé. Et ça a été très bien pris. Ils sont très bienveillants. Ils vont être là, justement, à mon baptême samedi. »
RCF : Une dernière question. Certains catéchumènes perdent la foi deux ou trois ans après leur baptême. Avez-vous peur de ça ?
« Non, je n’ai pas peur parce que, comme je l’ai dit, je suis accompagnée de mon conjoint. Et donc on a beaucoup de projets et de désirs pour notre avenir ensemble, de pouvoir construire un foyer dans la foi. Et puis, vu que notre groupe de catéchumènes est là et qu’on se fait baptiser ensemble, forcément, on va continuer ensemble. »


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