Donald Trump, fossoyeur de l'ordre mondial ?
Depuis le début de l’année 2026, le président Donald Trump chamboule l'ordre mondial. Venezuela, Groenland et Iran : comment les États-Unis redéfinissent-ils les règles du jeu ? Est-ce que la puissance américaine doit se faire au nom d’un désordre mondial ? Quelle est la place de l’Europe dans tout ça ?
© The White House / Donald TrumpDonald Trump nie-t-il le droit international ?
"Il s’agit de notre hémisphère" affirmait haut et fort Donald Trump le 5 janvier 2026. Les ambitions du président américain sont claires. Dans la nuit du 3 janvier au 4 janvier à Caracas, capitale du Venezuela, Donald Trump capture le président Nicolàs Maduro, comme ce qu’il avait prévu de faire lors de son premier mandat en 2017. Pour Pascal Boniface, géopolitologue, fondateur et directeur de l’IRIS, "ce qui est surprenant, c’est surtout que certains soient surpris".
Il y a plusieurs raisons à cette stratégie de la part des États-Unis. Tout d’abord, le président américain accuse le Venezuela d'être à la tête du réseau de drogue, qui exporte massivement aux États-Unis. Une volonté de domination qui serait aussi aux ressources en pétrole sur le sol vénézuélien. Enfin, la dernière explication serait de désarmer un chef à l'idéologie opposée à celle de Trump.
Trump menace le Groenland. Avant même l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, les États-Unis cherchaient à acheter le Groenland. Proche de l’Arctique, entre l’Amérique du Nord et l’Europe, ce territoire est couvert de glace et dispose de terres rares, convoitées pour ses ressources par les États-Unis pour la construction et l’élaboration de nouvelles technologies. Pascal Boniface pense que comme toujours, “Trump fait très peur pour obtenir un avantage qu’il n’aurait pas obtenu autrement”.
Trump et Poutine se rejoignent dans la négation du droit international. Pour Guy, auditeur dans Je pense donc j’agis, il y a deux tyrans : Vladimir Poutine dans son agression de l’Ukraine et Donald Trump dans sa politique tous azimut qui se “fiche du droit international”. Comme illustration, le président américain avait déjà bombardé des embarcations de narcotrafiquants, au large des États-Unis dans les eaux internationales - ce qui est illégal du point de vue du droit. "D’habitude un président américain qui arrive à la Maison Blanche se demande comment gérer le système international, Trump se demandait comment le démolir : ce qu’il fait avec brutalité, force et franchise", ajoute le géopolitologue.
America First ou America Only ?
Priorité aux intérêts américains. "America First" est une stratégie états-unienne qui met l’accent sur la notion fondamentale de “prioriser l’Amérique”, ce qui implique généralement d’ignorer les affaires mondiales et de se concentrer uniquement sur la politique intérieure. Si la priorisation de ses intérêts nationaux est logique selon le directeur de l’IRIS, la traduction que fait Trump du slogan America First l’est un peu moins : “Penser que vivre dans une société où les autres n’ont pas leur place, ne sont que des supplétifs, n’ont pas le droit à la parole et doivent obéir et se plier à ses quatre volontés, ça ne peut que conduire au pire”, estime-t-il.
L’inaction de l’Europe. “Plus on reculera, plus il avancera", affirme le politologue lorsqu’il évoque la faiblesse de l’Union européenne. Si la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne, le Royaume-Uni et le Danemark ont publié le 6 janvier 2026 une déclaration, les 27 tous ensemble n’ont pas été capables de faire un communiqué "parce qu’ils ont peur d’irriter Donald Trump".
La France prise dans un sandwich. Dans tout cela, la France est prise au piège, car comme le dit le géopolitologue, "Poutine nous fait peur, donc on court se réfugier auprès des États-Unis mais Trump dit qu’il n’en a rien à faire de l’Europe. Nous apparaissons comme des faibles aux yeux du monde", affirme Pascal Boniface, "car nous ne protestons pas contre des violations claires et de ce en quoi nous disons croire".


Cette émission interactive présentée par Melchior Gormand est une invitation à la réflexion et à l’action. Une heure pour réfléchir et prendre du recul sur l’actualité, et pour agir, avec les témoignages d’acteurs de terrain pour se mettre en mouvement et s’engager dans la construction du monde de demain.
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