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Des vitraux retirés en urgence à Notre-Dame de Bourges
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Des vitraux retirés en urgence à Notre-Dame de Bourges

Un article rédigé par Guillaume Martin-Deguéret - RCF en Berry, le 2 mars 2022  -  Modifié le 8 janvier 2024
Emissions spéciales Retrait de vitraux à Notre-Dame de Bourges

Vitraux en danger à Notre-Dame ! La Mairie a lancé une opération de retrait pour les plus abîmés, le travail à mener est complexe. Mais le monument qui daterait du XIIe siècle a bien d'autres problèmes...
 

L'intervention va durer jusqu'au 11 mars © RCF - Guillaume Martin-Deguéret. L'intervention va durer jusqu'au 11 mars © RCF - Guillaume Martin-Deguéret.

C'est une opération délicate qui se tient en ce moment à l'église Notre-Dame, située dans le centre-ville de Bourges. La municipalité fait retirer certains vitraux du monument, en très mauvais état. L'intervention a commencé le 21 février dernier, et va se poursuivre jusqu'au 11 mars. Il s'agit principalement des vitraux plus récents, qui datent du XIX siècle et sont « jugés en péril » par la Mairie. 

 

Certains vitraux de Notre-Dame sont en très mauvais état © RCF - Guillaume Martin-Deguéret.


Marteau et Burin, force et minutie

 

Au cœur de l'église berrichonne, les bruits de marteau et de burin, amplifiés par l'acoustique du monument, transpercent la quiétude du lieu et inquiètent. Pour enlever les vitraux, les ouvriers doivent en effet retirer le calfeutrement en chaux et en sable qui tient les panneaux contre la pierre ; et il n'y a qu'une seule solution pour y parvenir : « Effectivement, on y va au marteau et au burin, qui ne paraissent pas être des outils très délicats ! », glisse avec le sourire Laura Calligrafi, peintre-verrier et coordinatrice atelier-chantier pour l'entreprise Art Vitrail. Et la spécialiste rassure : « Il faut à la fois de la force pour retirer ce calfeutrement de pierre et à la fois de la minutie parce qu'effectivement, il s'agit de ne pas casser le verre, or le verre a très envie de casser en général ! »

 

Les étudier vraiment pièce par pièce, panneau par panneau et casse par casse. On va poser un diagnostic et proposer des solutions.


Une fois les vitraux retirés, ils partiront dans les ateliers de l'entreprise Art Vitrail à Gurgy, dans l'Yonne à côté d'Auxerre, où ils seront stockés. Là-bas, les premières réparations d'urgence seront réalisées, avant un bilan plus approfondi : « On va les étudier, c'est-à-dire qu'on va les placer sur des tables lumineuses, pour faire un bilan sanitaire, pour les étudier vraiment pièce par pièce, panneau par panneau et casse par casse. On va poser un diagnostic et proposer des solutions » pour la restauration des vitraux.

 

Ce vitrail est le plus vieux de l'église, il date de la fin du XVe/ début du XVIe siècle. C'est pourtant celui qui est dans le meilleur état et il va rester sur place © RCF - Guillaume Martin-Deguéret.


Une église qui a mauvaise mine


Malheureusement, les vitraux dégradés ne sont pas les seuls soucis de Notre-Dame, qui a de vrais problèmes structurels ; et ce n'est pas nouveau ! Il y a notamment un pilier du monument qui s'affaisse, un filet a même été installé sur le clocher pour éviter des chutes de pierres... Bref, c'est un plan global qu'il faudrait pour restaurer l'église : « Ces vitraux ne seront reposés que quand le remplage, les réseaux, à savoir toute l'armature de pierre qui entoure ces vitraux seront eux aussi restaurés », confirme Emmanuel Marot, chargé de mission à la Ville de Bourges. Il est aussi en charge du patrimoine historique : « Il faut aussi mettre en place un autre projet autour de l'église Notre-Dame, c'est-à-dire peut-être de nouveau un diagnostic, de nouveau l'intervention d'un architecte du patrimoine pour envisager une restauration des parties importantes de cette église. »

 

Notre-Dame de Bourges est dans le centre-ville berruyer, à quelques pas du centre commercial Avaricum © RCF - Guillaume Martin-Deguéret.


Les vitraux ne seront pas restaurés tout de suite, et dormiront dans les ateliers de l'entreprise Art Vitrail, en Bourgogne. Impossible d'avancer une date de retour à ce jour, mais une chose est sûre : ils ne devraient pas revoir Notre-Dame avant « quelques années » affirme Emmanuel Marot. 

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