Des centaines de macareux moines retrouvés morts ou affaiblis sur les plages bretonnes
Ces derniers jours, des centaines de macareux moines ont été retrouvés morts ou affaiblis sur les plages du littoral breton, notamment au sud du Finistère et dans le Morbihan. Ces échouages s’étendent également jusque sur le long de la côte Atlantique. Ce constat alarmant a été confirmé par des signalements de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) et par de nombreux témoignages de promeneurs sur les plages.
Photo de Julien Bonnet - LPO FranceUn phénomène massif et visible
Après les guillemots et pingouins torda retrouvés abimés par du pétrole, c'est au tour d'un autre oiseau emblématique de la Bretagne de se retrouver mal en point.
Depuis le 7 février dernier, un peu moins de 300 macareux moines ont été retrouvés morts et échoués sur les plages du sud de la Bretagne; dans le Finistère sud, le Morbihan et le long des côtes Atlantiques notamment.
Depuis mi-janvier, le Réseau d’Échouages des Oiseaux Marins Atlantique (REOMA), coordonné par la LPO, recense plus de 300 échouages signalés sur ces côtes.
« Il n'y avait pas eu d'échouage aussi massif de macareux depuis 2014 - c'est assez exceptionnel et choquant au vu de la quantité de ces oiseaux retrouvée », indique Quentin Beyria médiateur à SOS faune sauvage Bretagne.
Sur certaines plages, des dizaines d’oiseaux ont été découverts morts par jour, parfois sans blessures évidentes, ce qui témoigne d’un affaiblissement généralisé avant l’échouage.
Les causes de cette mortalité
Les spécialistes et associations ornithologiques pointent plusieurs facteurs :
La série de tempêtes hivernales : En dehors de la période de reproduction, ces oiseaux partent en mer. Les vents violents et la houle importante rendent la chasse difficile pour ces oiseaux qui plongent pour se nourrir. Les macareux doivent plonger parfois jusqu’à 70 mètres de profondeur pour capturer leurs proies — ce qui devient compliqué dans des vagues importantes. « Et lors d’une tempête, les poissons ne restent pas à la surface et se réfugient plus en profondeur ce qui rend la chasse ardue pour ces oiseaux », explique Quentin Beyria médiateur à SOS faune sauvage Bretagne.
Les individus échoués recueillis présentent donc généralement un état de sous-nutrition et d'hypothermie. Fortement affaiblis par un manque de nourriture disponible en surface et des conditions de mer très perturbées, ils se laissent dériver et s’échouent sur le littoral.
Les scientifiques estiment aussi que les pressions humaines comme la surexploitation des ressources marines (pêche intensive) contribue à affaiblir ces espèces.
Ces épisodes d’échouage se produisent chaque hiver, mais leur fréquence et leur intensité deviennent préoccupantes et ils pourraient devenir plus courants à cause du changement climatique.
Le macareux moine, un oiseau emblématique en danger
Le macareux moine (Fratercula arctica), reconnaissable à son bec coloré et ses pattes palmées, est une espèce emblématique du littoral atlantique nord-européen. En Bretagne, sa dernière grande colonie française se trouve dans l’archipel des Sept-Îles en Côtes-d’Armor, où il revient chaque printemps pour nicher après des mois passés en pleine mer.
L’espèce est considérée comme menacée, notamment à cause de la pollution marine, des perturbations humaines, de la diminution de ses sources alimentaires et d’événements climatiques de plus en plus extrêmes.
Analyse et mobilisation
Des centres de soins pour la faune sauvage tentent de prendre en charge les oiseaux encore vivants, souvent en état d’hypothermie ou de grande faiblesse. Cependant, beaucoup ne survivent pas au transport vers ces structures.
Si vous retrouvez ces oiseaux échoués sur le littoral vous pouvez contacter le centre de soin Sea Shepherd au 07 65 17 22 88 ou SOS Faune sauvage Bretagne au 02 57 63 13 13.
