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Dermatose nodulaire : la vaccination progresse rapidement dans l’Hérault

Dermatose nodulaire : la vaccination progresse rapidement dans l’Hérault

Un article rédigé par VB - RCF Hérault, le 6 janvier 2026 - Modifié le 13 janvier 2026
L'invité du matin (Hérault)Dermatose nodulaire : comment se déroule la vaccination dans l'Hérault ?

Lancée le 19 décembre dernier, la campagne de vaccination contre la dermatose nodulaire contagieuse progresse à un rythme soutenu dans l’Hérault. Malgré les intempéries et une mobilisation en période de fêtes, plus de la moitié des bovins du département ont déjà été vaccinés. Aude Geiger, élue en charge de la filière élevage à la Chambre d’agriculture de l’Hérault, fait le point sur cette vaccination express et les enjeux pour la filière.

Plus de la moitié des bovins de l'Hérault ont été vaccinés © PIPlus de la moitié des bovins de l'Hérault ont été vaccinés © PI

Depuis la fin du mois de décembre, les vétérinaires sillonnent l’Hérault pour faire face à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), une maladie virale grave touchant les bovins. Malgré une période peu favorable, marquée par les fêtes de fin d’année et des intempéries importantes, la vaccination avance rapidement. À ce jour, 100 % de la zone réglementée est couverte, et 56 % de l’ensemble des bovins du département ont déjà reçu l’injection.

Dans le détail, 54 % des cheptels sont vaccinés en totalité, tandis que 60 % le sont partiellement. Un rythme soutenu rendu possible par l’engagement des vétérinaires, restés pleinement mobilisés pendant les congés de fin d’année. Dans la zone réglementée, les débuts ont été plus délicats. La météo a freiné certaines interventions, mais une forte entraide s’est rapidement mise en place entre éleveurs et vétérinaires. L’objectif : sécuriser les animaux, aménager des espaces adaptés à la vaccination et garantir la sécurité de tous. 

Une campagne portée par la profession

Du côté des éleveurs, la vaccination est globalement bien acceptée. Elle fait suite à une demande formulée par la profession elle-même, lors de réunions d’information organisées avec les services vétérinaires et la Direction départementale de la protection des populations (DDPP). "Les éleveurs ont compris qu’il s’agissait d’une responsabilité collective", insiste Aude Geiger. "Vacciner, c’est protéger son propre cheptel, mais aussi ceux des départements voisins."

La décision d’étendre la vaccination à l’ensemble du département a ainsi été prise de manière collégiale, avec une forte adhésion du terrain.

Un protocole sanitaire strict et critiqué

La lutte contre la dermatose nodulaire repose aujourd’hui sur trois piliers indissociables : la vaccination, l’abattage des unités épidémiologiques et l’arrêt total des mouvements d’animaux. Si l’abattage est vivement critiqué par certains syndicats agricoles, aucune alternative validée n’existe à ce stade.

"Des chercheurs, vétérinaires et épidémiologistes travaillent sur la maladie, sa propagation et ses impacts", précise la Chambre d'agriculture de l'Hérault. "Des protocoles alternatifs sont à l’étude, mais ils ne sont pas encore jugés suffisamment solides par la communauté scientifique." En attendant, l’efficacité du dispositif repose sur le respect strict des règles : déclarer les cas suspects, ne pas déplacer les animaux et permettre une vaccination rapide.

Des objectifs ambitieux… mais atteignables

L’objectif fixé par l’État est clair : 95 % des cheptels et 75 % des bovins vaccinés à la mi-janvier. Un cap que la filière estime atteignable. "En seulement quinze jours, malgré des effectifs réduits et des conditions difficiles, la moitié des cheptels a été vaccinée", souligne l’élue. "La dynamique est là, il n’y a pas d’inquiétude."

Une crise qui interroge le modèle d’élevage

Au-delà de l’urgence sanitaire, cette crise met en lumière des enjeux structurels pour l’élevage occitan. La vaccination bloque temporairement l’exportation, un coup dur pour une filière fortement tournée vers l’international. En Occitanie, une grande partie des bovins, notamment les broutards, est destinée à l’export, en particulier vers l’Italie. Dans l’Hérault, cela représente environ 1 350 têtes par an pour cette destination.

"Cette situation nous oblige à repenser la résilience de nos filières", analyse Aude Geiger. "Il existe un décalage entre ce que nous produisons et ce que consomment les Français." La viande bovine locale, souvent rosée, correspond mal aux habitudes de consommation nationales, davantage orientées vers la viande blanche ou très rouge. Un travail de fond devra donc être mené, en lien avec les consommateurs.

Une vaccination pour éradiquer la maladie

Enfin, la campagne actuelle repose sur une seule injection, dans un objectif clair : éradiquer la dermatose nodulaire. "C’est pour cela que la vaccination s’accompagne de l’abattage et du blocage des mouvements", rappelle Aude Geiger. "Tant que la maladie circule, ces mesures restent indispensables."

Dans l’Hérault, la mobilisation collective semble porter ses fruits, laissant espérer un contrôle rapide de l’épizootie.

L'invité du matin © RCF 34
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
L'invité du matin (Hérault)
L'invité du matin © RCF 34
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