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Démographie scolaire en baisse : faut-il s'inquiéter pour l'avenir de l'école ?

Démographie scolaire en baisse : faut-il s'inquiéter pour l'avenir de l'école ?

Un article rédigé par Melchior Gormand - RCF, le 16 avril 2026 - Modifié le 16 avril 2026
On va se parlerDémographie scolaire en baisse : faut-il s’inquiéter pour l’avenir de l’école ?

La France s’apprête à faire face à une baisse inédite de sa population scolaire, avec jusqu’à 1,7 million d’élèves en moins d’ici 2035 selon les projections de l’Éducation nationale. Un phénomène directement lié à la chute de la natalité, qui commence déjà à transformer le fonctionnement des écoles, entre fermetures de classes, réorganisation territoriale et enjeux d’égalité des chances. Une évolution qui n’est plus une projection lointaine mais une réalité déjà visible dans les établissements.

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La baisse du nombre d’élèves en France n’est plus une hypothèse mais une tendance déjà engagée. Selon les projections de la DEPP, l’Éducation nationale pourrait compter jusqu’à 1,7 million d’élèves en moins d’ici 2035. Une évolution majeure, directement liée à la chute de la natalité, qui commence déjà à se traduire dans les classes.

Invité de l’émission Je pense donc j’agis sur RCF Notre Dame au micro de Melchior Gormand, le démographe Léonard Moulin, chargé de recherche à l’INED, rappelle que ce mouvement s’inscrit dans le temps long : « la baisse qu’on voit aujourd’hui de la démographie scolaire, elle suit simplement la baisse de la natalité qu’on connaît en France depuis 2010 ». Une dynamique qui touche progressivement tous les niveaux scolaires et qui oblige à repenser l’organisation de l’école française.

Baisse des effectifs scolaires : une tendance durable qui transforme l’école

La France entre dans une phase de baisse structurelle de sa population scolaire. Cette évolution, déjà visible dans le primaire, devrait s’amplifier dans les prochaines années et toucher progressivement le collège puis le lycée. Pour les spécialistes, il ne s’agit pas d’un phénomène ponctuel mais d’un mouvement démographique profond. Léonard Moulin insiste sur le caractère mécanique de cette évolution, directement liée à la natalité : « en fait, ce qu’on observe dans le système éducatif, c’est tout simplement ce qui s’est passé sur la natalité ». Concrètement, les effets se décalent dans le temps selon les niveaux d’enseignement, ce qui explique pourquoi certaines écoles sont déjà concernées tandis que d’autres le seront plus tard.

C’est un choc gigantesque, sans précédent dans l’histoire du système éducatif français. 

Les chiffres confirment cette tendance. Le système scolaire a déjà perdu plus de 100.000 élèves dans le primaire sur une année récente, et les projections annoncent une poursuite du recul. Le chercheur parle d’un effet particulièrement marqué : « c’est un choc gigantesque, sans précédent dans l’histoire du système éducatif français ». Entre réorganisation de la carte scolaire, évolution du nombre de classes et adaptation des moyens, les marges de manœuvre deviennent un enjeu majeur pour les années à venir.

Des effets très inégaux selon les territoires et de nouveaux défis pour l’école

La baisse des effectifs ne touche pas tous les territoires de la même manière. Les zones rurales, les grandes villes et certaines académies ne sont pas confrontées aux mêmes réalités, ce qui accentue les déséquilibres existants. Dans les territoires ruraux, le principal risque est celui de la fermeture d’écoles. Léonard Moulin alerte sur cette dynamique : « dans les territoires ruraux, on a un risque un peu de désertification scolaire, puisque les établissements de petite taille risquent de fermer en priorité ». Ces fermetures peuvent fragiliser les communes, allonger les temps de transport et réduire l’attractivité des territoires

Il y a une différence très forte de composition sociale entre public et privé. 

Dans les grandes villes, le problème est différent mais tout aussi structurant. La baisse des effectifs peut accentuer le poids du secteur privé et renforcer certaines inégalités scolaires. Le démographe précise qu’il ne s’agit pas d’une accusation, mais d’un constat statistique : « on peut parler de ségrégation parce qu’au niveau global, il y a une différence très forte de composition sociale entre public et privé ». À Paris notamment, les projections évoquent une forte hausse de la part d’élèves favorisés dans le privé, ce qui interroge la mixité sociale et l’égalité des chances. Dans certaines hypothèses, la part du privé pourrait atteindre 50 % des effectifs dans la capitale à l’horizon 2035. 

Dans les territoires ruraux, on a un risque un peu de désertification scolaire. 

Face à ces transformations, l’enjeu principal reste l’anticipation. Pour Léonard Moulin, la gestion actuelle manque de vision à long terme : « il faut vraiment penser la carte scolaire en amont, pas chaque année après chaque fermeture de classe ». Une approche globale devient nécessaire pour accompagner une mutation déjà engagée et durable du système éducatif français.

On va se parler avec Melchior Gormand ©RCF NOTRE DAME
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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On va se parler avec Melchior Gormand ©RCF NOTRE DAME
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