Débat au Sénat : Loi d'urgence agricole sur fond de canicule
Alors que le projet de loi d'urgence agricole est débattu au Sénat, la Côte-d'Or traverse une crise majeure qui frappe l'ensemble des filières. Jacques de Loisy, président de la Chambre d'agriculture de la Côte-d'Or, établit un diagnostic alarmant sur l'état des exploitations après 2 canicules et une sécheresse en cours.
©Christophe Lapostolle Trois mois de sécheresse
Depuis trois mois, les accidents climatiques se succèdent ; un mois d'avril historiquement chaud et sec mais marqué par des gelées tardives destructrices, suivi d'un mois de mai doux avant que les vagues de chaleur successives de juin ne viennent définitivement endommager les cultures.
Rendements en baisse dans différents secteurs
« Les rendements sont en baisse de 15 à 30% selon les secteurs », tombant parfois sous la barre critique des 40 quintaux à l'hectare dans certains cantons du plateau, là où le seuil d'équilibre se situe entre 55 et 60 quintaux. En élevage laitier, malgré l'installation de ventilateurs et de brumisateurs, la chaleur engendre des pertes de production quotidiennes de 2 à 5 litres de lait par vache. La qualité de la production est elle aussi dégradée.
S’adapter à la chaleur
Pour protéger les travailleurs et les animaux de la chaleur, le monde agricole a dû revoir ses horaires, en travaillant de l’aube jusqu'à la mi journée. Le matériel souffre lui aussi, augmentant le risque d'incendies en pleine moisson. « La motivation première est de sauver la récolte face à la canicule qui entraîne des contraintes de travail, de fatigue et d'usure, mais aussi une très forte baisse des rendement ».
Sauver la récolte face à la canicule
L'autre priorité est l'abreuvement des animaux, dont la consommation quotidienne double pour atteindre 150 à 200 litres d'eau par vache. Opposé aux méga-bassines, Jacques de Loisy réclame la création de retenues de surface, alimentées par la récupération des eaux de ruissellement hivernales en excès sans puiser dans les nappes.
Un « courage politique » est nécessaire
La profession attend des réponses fermes de l'État et de l'Europe. La Côte-d'Or se trouvant dans une zone intermédiaire qui perçoit historiquement le moins d'aides en France, la Chambre d'agriculture exige un rééquilibrage et « du courage politique pour que des fonds européens arrivent en Bourgogne ».
Le débat au Sénat sur la loi d’urgence agricole met en lumière une demande de justice commerciale face à la concurrence internationale déloyale. Le président de la Chambre d'agriculture soutient activement la réhomologation de l'acétamipride, un insecticide interdit pour un usage agricole en France mais autorisé chez nos voisins européens et toujours vendu en libre-service pour les particuliers.


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