Dans l’Hérault, les vestiges d’un navire napoléonien refont surface au large des Aresquiers
Au large de Frontignan, dans le golfe du Lion, une nouvelle campagne d’archéologie sous-marine vient de livrer un fragment de la charpente d’un navire datant de l’époque napoléonienne. Ces vestiges appartiennent au site des épaves du Lion et du Robuste, deux vaisseaux de guerre échoués aux Aresquiers en 1809.
Au large de Frontignan, un nouveau fragment retrouvé sous l’eau © Pia BLa plage des Aresquiers est bien connue des habitants et des vacanciers de l’Hérault. Mais sous la surface de la Méditerranée, au large de ce littoral situé entre Frontignan et Villeneuve-lès-Maguelone, se trouve un véritable morceau d’histoire maritime.
"C’est ici, sur le plateau sous-marin des Aresquiers, que reposent les vestiges de deux imposants navires de guerre napoléoniens : Le Lion et Le Robuste", explique Laurence Serra, archéologue maritime et membre de l’association d’archéologie maritime de Frontignan, rattachée au laboratoire LA3M d’Aix-en-Provence. Les épaves ne forment plus aujourd’hui deux bateaux entiers. Dispersés par les explosions, les courants et les tempêtes, leurs fragments s’étendent sur une vaste zone au large du littoral héraultais. Les recherches archéologiques ont ainsi permis de localiser de nombreux éléments de coque, d’armement et d’équipement.
La récente campagne menée par l’association d’archéologie maritime de Frontignan a permis de retrouver un nouveau fragment de la structure en bois du navire, autrement dit une partie de sa charpente. Une découverte modeste en apparence, mais précieuse pour les archéologues qui cherchent à comprendre la construction et la dispersion des deux épaves.
Le Robuste et Le Lion, deux vaisseaux de guerre échoués dans l’Hérault
Pour comprendre pourquoi ces morceaux de bois reposent aujourd’hui au fond de la Méditerranée héraultaise, il faut remonter à 1809, en pleine période napoléonienne.
Le Lion, vaisseau de 74 canons, et Le Robuste, vaisseau de 80 canons, font partie d’un convoi parti de Toulon pour ravitailler les troupes françaises engagées dans la guerre d’Espagne. Poursuivis par la Royal Navy, les deux bâtiments se retrouvent piégés près de la côte languedocienne et talonnent sur les fonds des Aresquiers.
Le contre-amiral Baudin finit par ordonner leur sabordage. Dans la nuit du 26 au 27 octobre 1809, les poudres sont incendiées. L’explosion détruit les deux navires et disperse leurs éléments sur le fond marin.
Une histoire qui se lit dans les fragments de bois et les canons
Depuis les premières découvertes déclarées à la fin des années 1970, les plongeurs et archéologues n’ont cessé de documenter le site. Des canons, des éléments d’accastillage, des objets du quotidien et des fragments de coque ont progressivement été remontés et étudiés. L’association d’archéologie maritime de Frontignan participe à cette histoire.
Laurence Serra explique les enjeux de telles fouilles : "Il faut à la fois gérer sa stabilité sous l’eau, le matériel, et gérer le matériel d’archéologie sous-marine". Car fouiller sous la mer ne consiste pas simplement à retirer du sable. Les archéologues utilisent notamment des aspirateurs sous-marins pour dégager progressivement les vestiges et limiter le réensablement.
Les Aresquiers, un patrimoine immergé dans l’Hérault
Plus de deux siècles après leur disparition, Le Lion et Le Robuste continuent donc de raconter leur histoire depuis les fonds marins des Aresquiers. Chaque fragment de charpente permet de mieux comprendre ces navires, leur construction et les circonstances de leur disparition.
Dans l’Hérault, ce patrimoine reste invisible depuis la plage. Pourtant, à quelques centaines de mètres du rivage, sous les eaux du golfe du Lion, une partie de l’histoire napoléonienne demeure toujours là, à portée des archéologues.


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