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Dans les Hauts de France, les agriculteurs bio face à l'inflation

Dans les Hauts de France, les agriculteurs bio face à l'inflation

Un article rédigé par Martin Pinguet - RCF Hauts de France, le 26 septembre 2022  -  Modifié le 26 septembre 2022
Chronique • RCF Hauts de France Les agriculteurs bio de la région dans la tourmente

Ventes en baisse et inflation. Les agriculteurs biologiques des Hauts de France doivent faire face à un double problème.

Agnès Kindt cultive 2,3 hectares à Houplines depuis 2012 Agnès Kindt cultive 2,3 hectares à Houplines depuis 2012

Pour la première fois en 10 ans, Agnès Kindt doit augmenter les prix de ses paniers de quelques centimes à cause de l'inflation. "Les précédentes hausses servaient à amortir mes investissements pour la ferme" explique la maraichère. Depuis 2012, elle cultive 2,3 hectares de légumes à Houplines. Elle vend sa production dans une AMAP, une association pour le maintien de l'agriculture paysanne. 

 

Mais les adhérents se raréfient. Il lui en faut une cinquantaine pour que la ferme soit économiquement viable. "On est passé de 10% à 25% de turn-over. Depuis deux ans il nous manque des adhérents en début d'année" explique Agnès Kindt. Il y a encore quelques années, il fallait patienter sur liste d'attente qu'une place se libère.

 

L'inflation frappe

 

La consommation de produits issus de l'agriculture bio a baissé de 2% en 2021 en France. Signe d'un mouvement de fond qui touche tous les secteurs. Dans les Hauts-de-France, les producteurs de légumes ont vu leurs ventes chuter de 11%, chez les éleveurs laitiers, la chute est de 7%. A cela s'ajoutent les hausses des prix de l'énergie, des matières premières et de la nourriture pour les bêtes.

 

Christophe Caroux en a fait l'expérience lorsqu'il a dû racheter des graines pour les 1000 poules pondeuses de son exploitation lensoise. "Le prix à la tonne a augmenté de 200 euros. Le prix des emballages est aussi en hausse" détaille le président de l'association d'agriculteurs, Bio en Hauts-de-France. Il appelle les pouvoirs publics à tenir leurs engagements. "Nous ne sommes qu'à 5% d'aliments bio dans les cantines de la région. Alors que les politiques visaient 15 à 20%. Si rien n'est fait on va se retrouver en situation de surproduction" alerte Christophe Caroux.

 

Premières conséquences

 

"C'est une question de volonté politique" abonde Mickael Poillion, représentant de la branche laitière de Bio en Hauts-de-France. "Nos dirigeants doivent soutenir nos productions en les promouvant et en permettant l'émergence de débouchés viables pour les agriculteurs" résume l'éleveur d'Héricourt dans le Pas-de-Calais. 

 

Conséquences des difficultés vécues dans la filière bio : les conversions marquent le pas comme les débouchés. Et en 2021, 152 revendeurs et transformateurs de produits bio ont abandonné le label dans la région. Les trois quarts d'entre eux avaient moins de 5 ans d'ancienneté.

 

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