Dans le Pilat, la balade se fait avec des chiens de traîneau
À Marlhes, dans le Pilat, Benoît Riocreux a fait de sa passion pour les chiens nordiques un mode de vie. Musher depuis une dizaine d'années, il propose cani-rando, cani-carte et cani-balade avec sa meute d'une trentaine de chiens, en s'adaptant à chaque public, à chaque saison, et désormais aux canicules à répétition. Reportage sur les sentiers du Pilat, entre pédagogie et sensations fortes.
La meute Nom d'un chien au repos, en rentrant de balade ©photo Elise VantrepolDirection le Pilat pour découvrir une activité à faire en bonne compagnie, celle de chiens de traîneau. La meute de Benoît Riocreux, Nom d’un chien s’est installée à Marlhes, dans la Loire, pour proposer au public de découvrir ces chiens, leurs spécificités et les différentes balades, plus ou moins sportives. Sensibilisation, informations et découvertes sont au menu !
Une passion héritée de l'enfance
Issu d'une famille d'agriculteurs, Benoît a grandi entouré de chiens. « J'ai toujours aimé les chiens en général [...] et le chien de travail m'a toujours intéressé dans sa façon d'être, la gestion de meute », raconte-t-il. C'est le rapport particulier du chien nordique à son activité qui l'a séduit : « Le chien sait pourquoi il est là. Il se lève le matin pour aller tracter, parce que c'est toute sa vie. »
Tout commence par des stages, dès le collège, puis en Auvergne à partir de ses 15 ans : « Ils m'ont pris en stage au début de toutes mes vacances scolaires. » Grâce au matériel et aux sites prêtés par les collègues qui l'ont formé, Benoît a pu monter sa structure, Nom d'un Chien, basée à Marlhes, et se retrouve aujourd'hui à la tête d'une meute de 29 chiens.
Cani-rando, cani-kart, cani-balade : des activités pour tous les publics
Benoît décline son activité sous plusieurs formes, chacune pensée pour un public différent. La cani-balade, plus ludique, consiste à « partir se balader avec un chien à la ceinture » et s'adresse dès 7 ans, tandis que la cani-rando peut s'adapter à un public plus sportif ou, au contraire, à un public familial en quête d'un simple moment avec les chiens. Le cani-kart, lui, permet de faire de l'attelage toute l'année, « pour remplacer le traîneau l'hiver, quand il n'y a plus de neige ». Une activité de plus en plus centrale, la neige se faisant rare : « C'est ce qu'on fait maintenant les trois quarts du temps, parce que la neige est de plus en plus compliquée. »
Benoît intervient aussi auprès de colonies de vacances et de centres sociaux, avec un volet pédagogique qu'il juge essentiel : « Beaucoup de gens prennent des chiens, ils ne savent même pas à quoi ils servaient de base, ces chiens-là. » Sa mission : rappeler que chaque race porte une histoire et des besoins spécifiques. « C'est à toi, en tant qu'humain, de t'adapter à ton chien, et pas à l'inverse. » Ce travail de sensibilisation permet aussi, auprès d'un public parfois craintif, de désamorcer la peur des chiens : « On se rend compte que les chiens sont très réceptifs et arrivent à un petit peu casser cette peur qu'ils ont du chien. »
La chaleur, un défi grandissant
Les canicules à répétition de ces dernières semaines bouleversent l'organisation de Benoît. Ses seuils sont clairs : pas de cani-rando au-delà de 22-23 degrés, pas d'attelage passé 16-17 degrés. « On annule, ou on y va tôt le matin », résume-t-il. Le cani-kart, particulièrement exigeant pour les chiens, a été suspendu depuis plus d'un mois : « Ça doit faire un mois et demi que les chiens n'ont pas fait de kart. »
Cette prudence s'impose aussi parce que certains chiens ne savent pas se ménager : « Le problème de certains chiens, c'est qu'ils ne se gèrent pas. S'ils partent, ils vont faire un coup de chaud. » Une idée reçue tombe au passage : non, les Husky ne sont pas les chiens les plus sensibles à la chaleur. « Mes petits huskys craignent bien moins la chaleur que mon gros beauceron », observe Benoît, rappelant que le husky perd son sous-poil au printemps. « C'est surtout une question de tempérament », plus que de race.
Face à ces contraintes, Benoît peut compter sur la compréhension de sa clientèle : « Les trois-quarts des gens comprennent. De toute façon, je ne vais pas courir un chien s'il a trop chaud. »
Des chiens formés au fur et à mesure
Chez Nom d'un Chien, l'intégration des jeunes chiens dans la meute se fait progressivement, portée par les chiens plus expérimentés. « À partir du moment où tu as commencé à avoir deux, trois, quatre, cinq chiens qui sont bien dans leur tête, bien dans leur corps et qui sont obéissants, tu vas commencer à pouvoir incorporer des jeunes chiens au milieu », explique Benoît. Il revendique une méthode empirique plutôt que théorique.
Pour participer à une activité avec Nom d'un Chien, à Marlhes, dans le Pilat, un formulaire est disponible sur le site internet de l'entreprise.
