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Crise agricole : les agriculteurs ont peur pour aujourd’hui

Crise agricole : les agriculteurs ont peur pour aujourd’hui

Un article rédigé par Astrid Besson - RCF Vaucluse, le 6 janvier 2026 - Modifié le 6 janvier 2026

Ce mardi 6 janvier 2026, les syndicats FDSEA et les Jeunes agriculteurs du Vaucluse ont fait appel à une nouvelle mobilisation à Avignon, devant la préfecture en réponse au gouvernement Lecornu.

Manifestation des agriculteurs devant la préfecture d'Avignon le 06/01/2026Manifestation des agriculteurs devant la préfecture d'Avignon le 06/01/2026

Dans un communiqué publié par les deux syndicats, “la colère des agriculteurs et agricultrices du Vaucluse est immense” et “le Premier ministre doit entendre les demandes du monde agricole”. Cette manifestation avait pour objectif de contester l’accord de libre-échange avec les États du Mercosur ou encore la stratégie gouvernementale contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). 

Dans le Vaucluse, l'agriculture représente la première économie du département. Les revendications des agriculteurs s’inscrivent dans une démarche visant à préserver la pérennité de leurs exploitations. Selon Sylvain Bernard, secrétaire général de FDSEA 84 : “On est là pour montrer la mise à mort programmée de notre monde agricole français.” Pour l'occasion, le maire de Beaumes-de-Venise Jérôme Bouletin, accompagné de son adjoint Christophe Chabran et le maire de Lafare, Philippe Soard ont fait le déplacement. “Cette Europe est en train de nous tuer à petit feu. Les trois maires que vous avez là, c'est des maires vignerons aussi. Donc on est plus que concernés.” 

La peur n’est pas seulement pour l’avenir mais surtout pour aujourd’hui explique Sylvain Bernard : “On a peur pour maintenant. Il y a des agriculteurs qui sont en dépôt de bilan, en ordonnance judiciaire, il y a malheureusement, parfois, même des drames.” Le maire de Beaumes-de-Venise ajoute : “Avant, nos parents nous incitaient à reprendre les exploitations. Et aujourd'hui, on ferait plutôt l'inverse. On pourrait dire à nos enfants d'aller faire un autre métier, alors qu'agriculteur c’est un métier qui nourrit la France. Et c'est terrible d'en arriver là.” Guillaume Greter, vice-président des Jeunes Agriculteurs du Vaucluse, garde espoir : “Il faut rester très optimiste parce que sinon on ne serait pas là, on se mettrait une corde autour du cou.”, dit-il avec le sourire.

 

Manifestation des agriculteurs devant la préfecture d'Avignon le 06/01/2026

Les revendications des agriculteurs 

Les agriculteurs disent “non” au Mercosur, à la diminution de la PAC (-28 %) (Politique Agricole Commune) et au MACF (Mécanisme d'Ajustement Carbone aux Frontières) pour les engrais qui va impliquer un coût supplémentaire aux agriculteurs de 145 euros environ la tonne, voire plus, mais un “oui” à la suppression du quota annuel de prélèvement de loups et à un plan d’action pour un accès à l’eau équitable et durable. 

Le Mercosur, jugé par les agriculteurs de concurrence déloyale, empire la crise du maraîchage actuelle, “La colère agricole, elle est là et on est révoltés pour ça. On n'arrive pas à vendre certains produits et ils veulent en importer, nous on dit non”, selon Guillaume Greter. Il ajoute : “Quand on achète une denrée française, il faut bien savoir que tout est contrôlé. On peut tout contrôler en France. Et c'est l'agriculture la plus vertueuse du monde. On crée des peurs en disant que nos produits sont plus chers que d'autres, mais c’est faux.” Quant au secrétaire de la FDSEA 84, pour lui c’est une mise à la porte : “Si on ne veut plus de nous, qu'on nous le dise, mais que ce soit assumé, parce que là, on nous drague, on nous fait des sourires, et derrière, on fait tout pour nous faire crever, donc au bout d'un moment, il faudrait savoir vraiment ce qu'on veut.” 

Les parlementaires français, qui ont quasiment tous voté favorablement, suscitent de l'agacement chez Sylvain Bernard, “Aujourd'hui, la symbolique des drapeaux européens, c'est aussi pour dénoncer le comportement de nos parlementaires français. Moi, je les invite à venir dans nos exploitations, à passer des journées avec nous, pour qu'ils comprennent vraiment de quoi ils parlent, et quand ils votent quelque chose à Bruxelles, les conséquences que ça a chez nous, qu'ils viennent de vivre avec nous.” Les agriculteurs continuent de manifester et recommenceront si nécessaire pour se faire entendre.

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